Mr Robot Saison Un : le héros dont la société a besoin?

Mr. Robot fait parti de ces rares séries qui nous font nous interroger, voire nous faire remettre en question, la société dans laquelle nous vivons.

Mister Robot Jérémy Potel

Mr. Robot fait parti de ces rares séries qui nous font nous interroger, voire nous faire remettre en question, la société dans laquelle nous vivons. Un peu nostalgique d’Utopia quand à ce niveau là, c’est sans hésitations que je me suis pencher vers cette œuvre dont je n’avais entendu que du bien. Et puis, ça fait un peu hipster de la regarder.

He wants to save the world

 

Mr. Robot suit les pérégrinations d’Elliot Alderson, un hacker plus que doué et qui souffre d’anxiété sociale, qui se sert de ses talents pour confondre en justice les personnes qui à ses yeux le méritent, comme les pédophiles ou ceux coupables d’adultère. L’un des intérêts de l’œuvre est que nous, spectateurs, sommes les premiers confidents du jeune homme vu qu’ils s’adressent sans mensonges à nous. Pas directement comme dans Malcolm mais par la pensée, via son moi profond, son vraie lui, et pour qui on arrive vite à avoir de la sympathie. Il est aussi caractérisé par sa redoutable intelligence : il ne fait jamais d’erreur, et c’est toujours trop cool de voir un mec qui gère efficacement ses affaires, ça impose le respect.

 

Quand il ne joue pas les héros, Elliot travaille dans une société nommée Allsafe, qui vise justement à fournir des protections informatiques à de grosses sociétés (tu la sens l’ironie?) et dont le plus gros client est E Corp, surnommée Evil Corp par Elliot. Evil Corp, point central du scénario, représente tout ce qu’Elliot déteste dans la société capitaliste, et aimerait bien à terme user de ces capacités pour « sauver le monde » d’eux. C’est ainsi qu’il croise la route de Mr. Robot, un hacker à la tête du groupe anarchiste Fsociety, dont les objectifs sont communs à ceux d’Elliot, qui pourrait être un atout non négligeable pour le groupuscule. La Fsociety s’est donner pour but ultime d’annuler toutes les dettes qui pèsent sur chacun de nous pour libérer les peuples et créer un monde nouveau, ceci en hackant la plus grande base de donnée du monde à ce niveau là : celle bien entendu d’Evil Corp.

En parallèle de ce plan, Elliot a ses propres problèmes : en plus de devoir garder son identité secrète, notamment au sein d’Allsafe, il doit faire face à ses problèmes de dépendance à la morphine, ce qui l’entraîne dans bon nombres de sales affaires avec des dealeurs malintentionnés, ainsi qu’avec ses propres problèmes psychiques.

Dans le même temps, nous suivons Angela Moss, amie d’enfance et collègue d’Elliott, dans son histoire personnelle avec Evil Corp, dont elle a subit les dérives elle aussi, ainsi que Tyrell Wellick, golden boy d’Evil Corp – avec tout ce que ça implique comme travers – ambitieux et intrigué par Elliot.

Le show est adepte des retournements de situations et des cliffhanger qui nous torturent un max. La plupart des épisodes sont rythmés et on ne s’ennuie que rarement dans les dix épisodes qui composent la saison.

 

This is crazy !

 

Parmi les influences du réalisateur Sam Esmail, nous pouvons citer The Matrix, American Psycho, Breaking Bad, The Clockwork Orange et surtout Fight Club (vous finirez par comprendre pourquoi grâce à un plot twist assez fou!), et c’est peu dire que l’on ressent ces inspirations assez nettement dans le show. L’usage de la bande son pour intensifier une scène est pile poil comme il faut, des émotions comme la peur ou le stress sont ainsi parfaitement véhiculées droit vers nos âmes sensibles, et pour ma part, c’est exactement ce que je demande à une série de qualité. Niveau réal’, certains épisodes sont carrément ouf, notamment celui où Elliot est en plein bad trip. Si vous voulez savoir ce que ça fait de vivre ça de l’intérieur (sans prendre de drogues parce que la drogue c’est mal m’voyez) et bien à présent vous saurez. Non franchement la réalisation est bien foutu, on sent que l’œuvre a été bichonné par son créateur, et pour cause : il avait ce projet en tête depuis une quinzaine d’année.

Mais la série ne serait pas ce qu’elle est sans Rami Malek, que vous avez notamment vu dans la Nuit au Musée, qui semble taillé sur mesure pour jouer Elliot. Ses talents d’acteurs transparaissent dans le show, et il joue très bien un jeune hacker souffrant d’anxiété sociale, de dépression et d’addiction à la drogue. Ses quelques plans séquences où le réalisateur lui a dit « vas y montre moi comme t’es triste » sont magistraux, tout comme ses moments d’hallucinations. L’acteur suédois Martin Wallström, qui campe Tyrell Wallick, aurait quand à lui pu tout aussi bien jouer du coup directement dans American Psycho tant son rôle s’en rapproche. L’acteur sait parfaitement alterner entre les émotions, telles que la colère ou l’arrogance. Par moment, il peut nous sembler sympathique, il aime sa femme et tout ça, et on peut aussi ressentir de la pitié pour lui, mais la plupart du temps, il nous procure du dégoût. Par ailleurs, c’est assez difficile de déterminer son rôle par rapport à Elliot : pas vraiment allié, mais pas non plus l’antagoniste (c’est en fait Evil Corp qui endosse ce rôle).

Enfin, c’est plutôt cool de voir un vieux de la vielle comme Christian Slater joué dans cette série quasi-inconnue du grand public, le bonhomme joue en effet Mr. Robot himself, et peut laisser libre cours à sa folie, comme si elle faisait partie de l’acteur (ce qui est possible en plus, vu les quelques frasques du bonhomme). Mais si lui est cool, il ne l’est pas autant que Darlène, l’une des membres de la Fsociety, qui ne se laisse pas faire et qui a un look qui ne me laisse pas indifférent il est vrai. Elle est interprétée par Carly Chaikin, et c’est elle LE rôle féminin de la série, Angela étant un peu relou, et Shayla, la voisine et dealeuse d’Elliot, est trop peu visible à l’écran.

 

On en veut toujours plus !

 

En conclusion Mr. Robot est une série qui mérite d’être regardée, de part sont scénario novateur et qui dénonce la société capitaliste t’as vu ! Ce point ne manque d’ailleurs pas de panache vu qu’elle est en partie produite par une filiale d’Universal, et que le but premier d’une œuvre de ce style est toujours de faire vendre. Néanmoins faisons fi de ces circonstances bassement pécuniaires et prenons ce que nous pouvons prendre : si une œuvre nous fait réfléchir, tant mieux, il n’y en aura jamais assez.

Retrouve ma critique de la saison deux de Mr Robot !

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