Breaking Bad, retour sur le chef d’œuvre qui a tout balayé!

Breaking Bad a sans conteste marqué une génération entière. A la fois simple et complexe, je me devais de dire un -long- mot sur ce chef d’œuvre!

Breaking Bad Jérémy Potel

En général, quand vous demandez aux gens quelle est leur série préférée, vous avez grosso modo trois types de personnes. Ceux qui aiment Game of Thrones, ceux qui vénèrent encore The Wire, et ceux qui sans hésiter vous sortirons Breaking Bad (et les rares vrais qui diront Utopia). Cette œuvre a marqué les esprits, lançant une nouvelle ère, affirmant un genre qui a vraiment commencé à se lancer petit à petit depuis le début des années 2000 comme quelque chose d’à part entière et vraiment grand public : les séries. Je veux dire, tout le monde en regarde maintenant, et largement en dehors des heures de diffusion de cet abject objet que l’on nomme la télé. Bref thanks HBO et internet. Débuté en 2008 sous l’idée de Vince Gilligan, et diffusée sur AMC, Breaking Bad a rapidement conquit une solide basefan. La série s’est terminée en 2013 après cinq saisons regroupant 62 épisodes de gros fun.

 

Une idée de base géniale

Le plot, vous le connaissez : un prof de chimie au lycée, Walter White, interprété par le papa dans Malcolm in the Middle, le génial Bryan Cranston, a une vie qui oscille entre le banal et le pas top à Alburquerque, New Mexico. La vie qu’il mène est très en dessous de ses brillantes capacités, et un événement va finalement le « réveiller », un signal qui lui indique qu’il doit enfin prendre son destin en main. Un beau jour, il apprend qu’il a cancer incurable des poumons et qu’il ne lui reste que peu de temps à vivre. C’est la révélation, il envoie bouler le système, et décide après avoir vu la monnaie que rapporte la drogue, d’en fabriquer lui même, afin de laisser un héritage à sa famille une fois qu’il sera parti. Pour cela, il demande de l’aide à l’un de ses anciens élèves qui a plutôt mal tourné, Jesse Pinkman, très bien campé par Aaron Paul. Ainsi se forme ce duo pas comme les autres, qui apprend à grands coups de claques sur le museau. Et oui, car malheureusement pour eux, le meth game les dépasse carrément pendant un bon moment, et ils ont fort à faire pour déjà rester en vie, mais aussi pour se faire respecter. Par ailleurs, Walter doit cacher la vérité au reste du monde, et Jesse a ses propres ennuis familiaux et d’addictions. Je me rappelle que la toute première scène donne le ton : Walter se retrouve dans le désert en slip, pointant un gun en direction de bruits de sirènes qui se rapprochent. Tout de suite, ça impose.

Dans l’idée de vous rappeler de bons souvenirs mais aussi pour rendre hommage à cette série légendaire, je m’en vais te décrire dans un premier temps le scénario le plus fidèlement possible puis dans un seconds temps balancer mon humble avis. Ça va carrément spoil, donc si par hasard tu n’as pas vu la série, cher lecteur, ferme cette page et mets toi y. Maintenant.

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Quel bad boy ❤

This blue sky, it’s da bomb dude !

Walter et Jesse décident tout d’abord de faire de la sous-traitance pour un mec nommé Krazy-8, qui est super impressionné par la pureté de la came de notre chimiste. Le cerveau de ce génie a tourné à pleins régimes pour produire de la méthamphétamine claire comme du cristal. Par la force des choses, les événements dégénèrent, et il doit se résoudre à étrangler Krazy-8 un peu précipitamment, puis à dissoudre son corps dans l’acide. Et ce, avant même la moitié de la première saison ! Se retrouvant donc sans distributeur, ils doivent se tourner vers un autre mécène. Quelle meilleure idée du coup de prospecter vers les cartels mexicains.

Ainsi, apparaît un des personnages les plus emblématiques de Breaking Bad: Tuco Salamanca, joué par ce bon vieux Raymond Cruz. Ce petit homme violent, grandiloquent, devenu presque bipolaire à cause de l’abus de came, marquera un nouveau tournant dans le show : celui de la violence sans limites. Limites bien vite dépassées par Walt : on se souvient tous de la scène où il fait exploser le bureau de Tuco à coup de cristaux détonants. En même temps, pas le choix quand on friquotte avec ce genre de loustiques, n’est ce pas ? Malheureusement, le personnage disparaît assez rapidement et meurt en héros, la vraie raison le rôle était en fait trop violent pour l’acteur (véridique), qui pourtant avait été construit pour être l’antagoniste principal de la deuxième saison. Cependant, les aventures avec reste du cartel Salamanca dureront pendant un bon moment, même en tant que sous intrigue. En parallèle de tout ça, le beau frère de Walter White, Hank Shrader – aka Dean Norris – officier à la D.E.A., enquête sur ce nouveau fabriquant de drogue qui vient d’apparaître en ville. Il est d’ailleurs plutôt bon et volontaire à la tâche, et seul les coups les plus tordus de Walter l’empêche de mener à bien son enquête.

La deuxième saison est plutôt une saison de transition, centrée sur les relations entre les personnages. Jesse trouve une chérie, Jane, interprétée par Krysten « Jessica Jones » Ritter, qui le fait plonger dans l’héroïne, tandis que Walter doit repousser sa femme, qui se montre de plus en plus soupçonneuse quand à sa double vie. Niveau deal, Walt et Jesse décident de gérer la production eux même, avec le crew de ce dernier (que je trouve plutôt fun), mais doivent bien vite s’avouer que n’est pas baron qui veut. Ils demandent donc conseil à un avocat véreux, Saul Goodman – personnage que vous pouvez suivre en ce moment dans le très bon spin off Better Call Saul – interprété par le pétillant Bob Odenkirk, pour retrouver un distributeur. C’est ainsi que le professionnel Gustavo Fring, campé par Giancarlo Esposito, accompagné de son homme de main Mike Ehrmantraut, joué par Jonhatan Banks, lui aussi dans Better Call Saul en tant que personnage principal, entrent en scène. Ce gérant d’une chaîne de restauration rapide, Los Pollos Hermanos (de temps en temps je croise des types qui arborent ce logo sur leur t-shirt, je trouve ça très classe), gère en fait un immense empire de redistribution en lien avec les cartels. Le final de la saison est carrément glauque dans tous les sens, entre une surdose d’héroïne à peu près voulu et un crash d’avion, Walter et ses activités commencent à avoir un sérieux impact et à affecter pas mal de gens. Peu à peu, il glisse dans l’ombre.

 

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Moi avec mes futurs royalties

 

Les choses sérieuses commencent à partir de là

La troisième saison, qui est à mon sens la meilleure, se concentre sur le deuil et le recovery de Jesse, et les relations tendues de Walter avec sa femme qui a finalement pigé le truc, pour glisser dans une lutte contre Gus, pour lequel les deux compères travaillent dans un premier temps. Gus n’accepte pas les éléments insoumis, mauvais pour le business, et des tensions se créées. La série prend carrément son envol dans cette saison, et ça devient du sérieux. Walter et Jesse ne sont plus que tous les deux au sein d’un minuscule microcosme mais font partie d’un ensemble qui les dépasse pas mal. Jesse, dans sa grande émotivité, et Walter, dans sa soif de reconnaissance, finissent par se mettre Gus à dos, et ce dernier ne plaisante pas. Les deux compères n’ont qu’un seul plan pour s’en sortir : un meurtre de sang froid, celui de Gale, précédent chimiste du laboratoire clandestin de Gus Fring. Pas un meurtre « presque » de sang froid comme avec Krazy-8 où c’était un peu de la légitime défense contre un gangster, non, un vrai meurtre prémédité, contre un mec sympa en plus. Finalement, c’est Jesse, le doux, le gentil Jesse, qui doit s’en charger. Je te laisse imaginer la tension quoi !

Durant la quatrième saison, c’est la lutte, la guerre. Entre Walter et Gus rien ne va plus. Gale disparu, Gus ne peut pas se laisser aller à sa soif de sang et assassiner Walt comme il le voudrait, car sans lui, le labo ne tournerait plus. Cependant, il existe un autre chimiste potentiel, doué qui plus est : Jesse. Ainsi le but de Gus est de casser le lien qui les unis, en donnant de l’importance au gamin. Peu à peu, le maître perd de l’emprise sur l’élève, d’une part parce que Walter ne traite pas très bien son associé, mais aussi parce que ce dernier, marqué par le meurtre qu’il a du commettre, s’est endurci et ne voit plus trop d’opposition moral au fait d’être un gangster, un vrai de vrai. Finalement, au bord du gouffre, Walter, isolé et craignant pour sa famille, empoisonne un gamin, le « beau fils » de Jesse, et mets tout ça sur le compte de Gus. Jesse, toujours un peu naïf, marche à fond les ballons et aide Walter à tuer leur boss. Il lui donne une info qui pourrait l’aider : le dernier membre du cartel Salamanca encore en vie, le vieil Hector, en veut lui aussi à Gus. Un plan d’une simplicité extrême se met en place : une bombe est attachée sous le fauteuil roulant du papy et Walt la fait exploser quand le poisson est ferré. Quoi de plus simple pour tuer un seul homme que de faire exploser la moitié d’un bâtiment finalement. Au final, ça y est, Walt et Jesse sont libres, celui qui n’était qu’un petit prof de chimie est enfin le king.

La cinquième et dernière saison de Breaking Bad fut coupée en deux, ce qui laissa la possibilité de placer un flash-back à chaque début de mi-saison histoire de bien faire monter la sauce. La fin de la série introduit de nouveaux personnages avec un rôle important à jouer : Todd, joué par Jesse Plemons, un jeune plutôt dénué de sens moral et qui développe une certaine admiration pour Walt, et Lydia, campé par Laura Fraser, une femme un peu excentrique qui fournit certains produits nécessaires au développement d’une bonne méthamphétamine des familles. Durant cette saison, Walter et Jesse, associés à Mike, continuent plus que jamais la production. Pour cela, ils travaillent à l’intérieur de maisons bâchées, c’est secret et mouvant, le plan parfait. Après avoir dépouillé un train transportant de la méthylamine, il s’avère que Todd abat un gamin de sang froid un peu pour rien. Après ce malencontreux incident, Mike, de plus en plus surveillé par la D.E.A., et Jesse, qui en a marre de tremper dans tout ce bordel, quittent l’équipe. Walter, lui, regrettant son brillant avenir perdu des décennies auparavant s’acharnent dans le business, dans le but de créer un empire dont il sera à la tête. Il s’allie à des néo nazis, tue (notamment Mike) et fait tuer, bref, cette saison achève son passage vers le côté obscur. Finalement, sous les conseils de sa femme, il décide lui aussi de se ranger. Tout aurait pu s’arrêter là et plus ou moins bien finir. Il s’avère que pas de bol, Hank trouve une preuve qui relance les soupçons sur son beau frère, et parvient à deviner que c’est bien lui, le grand Heisenberg. Jesse, s’étant rendu compte qu’il s’était pas mal fait rouler, s’allie à lui pour faire tomber son ancien professeur. Tout cela finit dans le désert, et Hank est finalement abattu par les néo nazis et Jesse réduit en esclavage. La ligne est franchie, pour Walter, il n’y aura plus de retour en arrière, sa famille a été touché. Il a tout juste le temps de s’enfuir après avoir été rejeté par ses proches. Caché pendant plusieurs mois au New Hampshire, il reviendra finalement se venger et léguer son héritage lors d’un final magistral, et boucler la boucle. Il y aura un avant et un après Walter White.

 

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Chill plutôt sur mon site

Une belle brochette de talents

Quel épopée pas vrai ! Si le scénario est, comme vous avez pu le constater, très riche. Il est, vous en conviendrez, peu commun, et c’est cette originalité qui a donné à des millions de gens de s’accrocher à ce show. Comment une histoire qui commence de la sorte peut elle finir ? En plus, ce genre de situation peut potentiellement toucher tout le monde : ok, nous n’avons pas tous les capacités de Walt, son passé etc.. mais demande toi : si demain on t’annonce que tu n’as plus que quelques mois à vivre, tu ferais quoi ? J’adore ce genre de série qui te fait t’interroger de la sorte !

Si l’on devait résumer le scénario en un mot, je dirais « tension ». Assailli par nombres de dangers, devant déployer des prouesses d’ingéniosités pour garder sa double vie secrète, la situation est constamment tendu pour Walt. Une tension qui passe à travers l’écran, et qui nous affecte. On a peur pour lui, et on est carrément ébahis de nombreuses fois par la manière dont il s’en sort. Les retournements de situations sont légions et bien mis en place, on est constamment choqué, c’est toujours inattendu et brillant. De même, les cliffhangers de chaque fin de saison valent leur pesant de cacahuètes et nous mettent à chaque fois en haleine. En fait, ceux des épisodes finaux sont toujours massifs, mais les épisodes s’enchaînent très bien dans la mesure où on a envie de les enchaîner (ce qu’on a fait dès qu’on le pouvait en fait). De nombreuses scènes sont marquantes : Jesse qui tue Gale, Gus qui se pointe avec sa moitié de tête, Walt qui tue les nazis à coup de tourelles automatiques, même l’épisode de la mouche est marquant dans un sens. Des répliques nous sont restées en tête aussi, qui ne souviens pas de « Run ! », « Say my name » ou « I won ! » ? du grand art je vous dis. Enfin, le travail réalisé pour rendre le monde de la drogue est palpable, avec cette ambiance parfois un peu marbide, tandis que les propos de chimistes rapportés par Walt sont rigoureusement exactes. Point d’orgues donc, Breaking Bad nous montre plusieurs facettes d’un monde qu’on avait tout lieu d’ignorer, et apprendre des choses, c’est cool.

Évidemment, une bonne série est souvent portée par son casting. Et dans Breaking Bad, ils s’en sortent tous excellemment bien dans leur rôle, les acteurs sont talentueux. Bryan Cranston est juste magnifique bien sûr, mais les autres membres ne sont pas en reste et tous peuvent développer une grande palette d’émotion, à part ceux liés par leur rôle comme Mike. Mon préféré reste Aaron Paul, qui joue un personnage qu’on a vu évolué du début à la fin de la série de manière drastique. Personnellement, je préfère Jesse au début de la série, moins sombre et qui fait office de ressort comique, mais au vue des événements, il restait nécessaire d’évoluer. Je pourrais tous les citer avec des anecdotes, mais je dirais simplement que le casting principal ne souffre d’aucunes fausses notes : Bob Odenkirk est haut en couleur, Raymond Cruz, bien que peu à l’écran, nous a marqué, Giancarlo Esposito, par la constance de son jeu, démontre son grand talent. Les relations entre les personnages subissent des hauts et des bas (plutôt des bas pour le coup), et sont réalistes elles aussi, ils réagissent de façon très juste, souvent emportés par leur émotions. La relation Jesse/ Walter, une relation d’amour haine, occupe une place centrale au show, et une certaine émotion s’en dégage. On ne parviendra jamais à répondre : qui sont-ils l’un pour l’autre ? Et dire que Jesse devait mourir à la fin de la saison un à la base !

Ok, je crois qu’on a comprit, tu kiff cette série !

Je pourrais continuer longtemps à en parler, cette œuvre est presque un cas d’école, mais à un moment, pour le bien de tous, il va falloir dire stop ! D’autres séries ont reprit le flambeau de « série du moment », et pour beaucoup (moi y compris du coup malgré mon attitude de fan boy pas du tout impartial), elle n’est pas LA meilleure série de l’univers, si tant est que ce prix puisse être attribué, mais elle garde une place bien à part dans le paysage visuel des années 2010. Aujourd’hui encore, la série est classée troisième meilleure série sur IMDB, alors qu’elle est finit depuis trois ans maintenant, et elle a gagné en tout 110 récompenses. CENT DIX RÉCOMPENSES quoi ! Personnellement, je vous conseille de vous la remater, il paraît que ça aide à lutter contre le cholestérol et que chaque épisode vu fait augmenter votre espérance de vie de sept minutes. Blague à part, ça fait toujours plaisir. Et dans le pire des cas, Better Call Saul en est en plein dans une bonne lancée.

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