Kaamelott, analyse de la meilleure série française!

Oui, tout a été écrit sur Kaamelott, qui est la meilleure série française de ces milles dernières années. Cependant, il s’agit d’une période propice pour en reparler, car la série est sortie des esprits, alors qu’une trilogie est en séparation.

 

Attention, au vue de l’intérêt de l’auteur de ces lignes pour Kaamelott, l’article sera exceptionnellement écrit à la première personne. Parce Kaamelott ne mérite pas moins.

Aaaaaah, Kaamelott, j’y repense toujours avec affection. Dès les premiers instants j’ai été conquis par l’idée, et ce, pour plusieurs raisons. Déjà, lors des débuts, je dois avouer que j’étais jeune, et que j’avais un sens du goût assez large (j’étais à fond sur des trucs comme Brice de Nice par exemple). Mais bien que mes goûts aient évolué avec le temps, dans la bonne direction, la série arthurienne a gardé une place particulière dans mon cœur (attention, ceci va être un article orienté).

La série relate la vie trépidante du château de Kaamelott, aux environs du Vème siècle après J-C. Ce lieu est le repaire des fameux chevaliers de la Table Ronde, qui ont pour mission de retrouver le Saint Graal, le récipient qui a servi à recueillir le sang de Jésus lors de sa crucifixion et qui selon la légende donnerait l’immortalité à celui qui boirait dedans.

Transformer la réalité en œuvre d’art

L’histoire, finalement, vous la connaissez tous plus ou moins, mais la réécriture du grand, que dis-je, du géant Alexandre Astier vaut son pesant de cacahuète. Le mec a pris un cadre historique tout à fait épique et l’a transformé avec ses petits doigts de fée en une œuvre drôle et intelligente. Déjà, à l’époque, « back in 2004 », le Moyen Age, ainsi que la fantasy, étaient carrément sur le devant de la scène suite au Seigneur des Anneaux qui alors a tout écrasé sur son passage. Les châteaux, les elfes, les orcs, ont connu un regain de popularité : pas mal de créateurs en tout genre ont ainsi surfé sur la vague : des écrivains, des groupes de musiques, des créateurs de jeux vidéo, des réalisateurs… En France, niveau produit franco-français à ce niveau là, c’était pas la folie. Au petit écran on devait avoir des trucs comme Plus Belle La vie, Joséphine Ange Gardien et autres conneries du genre. La seule qui sortait un peu du lot était Caméra Café. Et c’est justement par là que tout commence : alors que la série se terminait sur M6, en 2003, les producteurs de la chaîne cherchaient un nouveau format court pour le remplacer. Astier avait réalisé plus tôt dans l’année, un court métrage Dies Irae, déjà dans le thème de Kaamelott, et les grosses pontes de la chaîne y ont vu alors leur nouvelle poule aux œufs d’or, dont Astier est le réalisateur, un des producteurs majoritaires, scénariste, acteur principal et compositeur de la bande son ( le mec quoi).

 

Un humour fin et intelligent, au travers de personnages qui ne le sont pas

 

C’est ainsi que la série s’est lancée pour six saisons. Les premières sont largement comiques, avec des épisodes courts qui ne s’enchaînent pas forcément. Les personnages sont tous originales et facilement identifiables, et véhiculent une forme d’humour différente, avec des inspirations issues de l’humour bien connu des Monty Phyton et de Black Adder, ainsi que de celui de Louis de Funès, dont la série est dédiée. Les seules qui sont « normaux » à Kaamelott sont Arthur lui-même et son fidèle Lancelot, tous les autres ayant une personnalité plus ou moins particulière, les champions étant les fameux Perceval et Karadoc, les professionnels de la débilité. La quête du Graal n’est donc pas de tout repos ! Bref, je sais pas comment le dire plus simplement, mais vraiment, la plupart des épisodes sont à se tordre de rire ! Au fil des saisons, et du succès, Astier obtient de plus en plus de liberté : si les premières sont largement tournées en studio à Paris, les décors s’étoffent et des scènes extérieures commencent à apparaître dès la deuxième saison. A partir de la quatrième, les équipes déménagent à Lyon (représente!), ville natale d’une grande partie du casting, et les scènes en extérieures sont plus nombreuses, tant la nature est belle en Rhône-Alpes.

C’est à partir de cette quatrième saison que le style commence à changer. Si les trois premières sont essentiellement comiques, un fil directeur apparaît à la fin de la troisième, qui n’aura de cesse de s’étoffer et de devenir plus dramatique, tout en gardant un aspect comique, quittant son aspect fantasy pure (plus de références aux dragons ou gobelins), mais en conservant le côté légendaire avec l’intervention des Dieux. C’est d’ailleurs plutôt dans ces premières saisons qu’il y a de nombreuses références à la pop culture, comme Star Wars ou Stargate.

 

A partir de là, ça devient emo !

 

La quatrième saison est centrée sur Lancelot qui a fait sécession d’Arthur et de Kaamelott, en ayant eu marre des guignols qui composaient le château. Guenièvre, la femme du Roi, s’enfuit avec lui et le scénario de la saison est plus ou moins de vaincre Lancelot et de récupérer Guenièvre. Les personnages deviennent ainsi plus mélancoliques, et on se rend vite compte qu’Arthur est dépressif, souffrant de ses échecs dans sa vie, tandis que Lancelot s’enfoncent de plus en plus dans les ténèbres. Aussi, les épisodes deviennent bien plus long, largement des moyens métrages. La cinquième saison est à mon sens la plus sombre de toutes. Lancelot est vaincu, mais il est récupéré par un personnage mystérieux et peu enviable, qui le forme à devenir son champion sans foi ni loi, tandis qu’Arthur renonce à la couronne pour se mettre en quête des ses éventuels enfants (le bonhomme ayant eu pleins de maîtresses). D’un côté comme de l’autre, c’est pas joyeux, tandis que la situation à Kaamelott en l’absence de roi valable, est loin d’être brillante. Finalement, de plus en plus de chevaliers quittent le château, Arthur fait chou blanc, et Lancelot est poussé par son « maître », qui se révèle être un envoyé des Dieux pour punir Arthur de ses échecs, à aller tuer son ancien roi. La saison se termine joyeusement par une tentative de suicide.

Enfin, la sixième et dernière saison à ce jour, est une saison « flash back » qui se passe quinze ans avant le début de la série, à l’époque où Arthur fait ses classes à Rome. Il s’agit de voir comment le simple soldat est devenu roi de Bretagne. J’ai moins accroché à la première partie, bien que l’histoire et la réalisation soient au top, car trop différente de ce à quoi j’étais habitué (et je crois savoir que ça a fait ce genre d’effet à pas mal de gens). La seconde partie se déroulant en Bretagne est forcément plus familière et avec un humour que l’on connaît. L’épisode final se déroule de nouveau dans le présent, où le Roi est malade et prononce ses derniers mots à ceux venant lui rendre visite. Mais alors qu’il se voyait bien mourir en paix, il doit faire l’effort de s’enfuir, pour redevenir le héros qu’il était. Cet épisode fait la transition avec la future trilogie au cinéma, et est super mélancolique, à mille lieux des débuts de la série.

Effectivement, la série a peu à peu changé de registre au fil du temps. Il est connu que certains ont détestés, alors que pour moi ce fut une très agréable surprise. Astier est passé de cette vision humoristique du quotidien au drame le plus total, nous montrant l’étendue de son talent. En fait, le seul bémol que je fais est l’équilibre fragile entre humour et drame qui en résulte quelques fois : en voulant contenter tout le monde, le créateur n’est parfois pas allé assez loin dans l’un ou l’autre des registres. Des scènes dramatiques sont atténuées juste après par de l’humour, ce qui gâche un peu le moment. J’imagine qu’il est compliqué de s’éloigner trop de ses racines.

 

Un chef d’œuvre français comme on en voit trop peu

 

Bref, la série s’est terminée en 2009, et depuis, on attend la fameuse trilogie à venir. Les choses ont traîné car d’une part Astier s’est diversifié, je pense notamment à ses spectacles dont l’Exoconférence qui est à la fois drôle et intelligent, mais aussi à cause d’une question de droits, qu’il a eu du mal à récupérer de la chaîne. A priori, les choses sont à présent rentrées dans l’ordre et le tournage devrait commencer incessamment sous peu. On à hâte !

Kaamelott c’est une série en six saisons de 459 épisodes parus entre 2005 et 2009. Une partie du casting principal est réservé à sa famille : son père, sa mère, sa belle-mère et son beau-frère, l’autre est attribué à des acteurs qui avait déjà fait leurs preuves à ses yeux, le reste étant composé de guest-stars, dont certaines ont obtenus des rôles récurrents, notamment Bruno Salomone et Antoine de Caunes. Cette série à lancer des carrières sur les médias audiovisuels comme celle d’Alban Lenoir ou Simon Astier ( le beau frère), tandis qu’elle a confirmé la carrière d’acteurs de théâtre qui n’ont plus rien à prouver comme Lionel Astier (le papa, qui fait aussi de la télé du coup), Serge Papagalli ( de Grenoble, représente x2 !) ou François Rollin.

 

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