Peaky Blinders : les gangsters de Birmingham!

Plus les années passent, plus le petit écran devient un média prolifique, et nous avons aujourd’hui des séries portant sur tous les sujets :à la fin des années 90, nous avions grosso modo les séries comique, les séries de science-fiction/aventure, et les séries policière. Ces genres ont depuis explosé : nous avons de tout, même une série relatant la vie des gangsters à Birmingham en 1919.

Peaky Blinders Jérémy Potel

Plus les années passent, plus le petit écran devient un média prolifique, et nous avons aujourd’hui des séries portant sur tous les sujets :à la fin des années 90, nous avions grosso modo les séries comique, les séries de science-fiction/aventure, et les séries policière. Ces genres ont depuis explosé : nous avons de tout, même une série relatant la vie des gangsters à Birmingham en 1919.

À mon sens, beaucoup de choses sont à jeter dans l’époque dans laquelle nous vivons, mais heureusement, l’offre numérique est à présent suffisamment vaste pour nous couper de notre quotidien. Quoi de mieux que de le faire grâce à un show réalisé aux petits oignons, avec des acteurs talentueux et impliqués, et un scénario qui vaut le coup ?

 

« By order of the Peaky Blinders »

 

Peaky Blinders suit le quotidien du gang du même nom, qui sévit dans la ville anglaise de Birmingham juste après la Première Guerre mondiale. Ce groupe s’articule autour de la famille Shelby, plus particulièrement autour de Thomas, le second des quatre frères Shelby, qui prend les décisions les plus importantes. Évidemment, les hommes sont revenus marqués par la guerre, et une part d’eux-mêmes est restée dans les tranchés, notamment la peur, la retenue et une bonne partie de leur morale. Leurs limites ont été repoussées par l’horreur, et ils n’hésitent plus à user de la violence pour parvenir à atteindre leurs objectifs. L’élément déclencheur de la série est le suivant : des membres du gang ont récupéré par hasard un stock important d’armes de guerres. Thomas Shelby y voit alors une aubaine pour asseoir l’influence de son clan sur Birmingham. Évidemment, le gouvernement ne l’entend pas de cette oreille et un inspecteur est envoyé par la Couronne pour les retrouver. Dans le même temps, les Shelby veulent rendre leur opération de pari légale, ce qui créé des tensions avec d’autres bookmakers. Tout ceci prenant place dans une période d’instabilité politique, avec communistes et membres de l’IRA, la bien nommée armée républicaine irlandaise avec lesquels il faut faire avec. Les intérêts des uns et des autres rentrent donc souvent en conflits, et les « Peaky Blinders » doivent se faire une place dans ce marasme.

Au fur et à mesure des épisodes, leur influence ne cesse de croître, et leur champ d’action finit par s’étendre bien au-delà de l’Angleterre. Leurs actions se diversifient et ils passent des courses de chevaux truquées au trafic de cocaïne. Cela est largement dû au cran de Thomas, qui se couple parfaitement avec sa redoutable intelligence. L’homme accorde une grande importance à la réussite de sa famille, et il est indubitablement doué pour faire du business. En outre, il n’hésite pas à parier gros si le jeu en vaut la chandelle. Gangster et businessman jusqu’au bout des doigts. Contrairement à ce que l’on pourrait croire en voyant les affiches ou les bandes-annonces, la série tourne principalement autour de lui, et même un peu trop : c’est toujours lui qui a les bonnes idées et qui règle les problèmes, laissant peu de place aux autres protagonistes, qui auraient mérité plus de background. Ses frères Arthur et John le secondent souvent dans sa tâche, mais font plutôt office de gros bras, quant à leur tante Polly, elle possède la sagesse d’une femme d’âge mûr, prodiguant de bons conseils, que les garçons n’écoutent pas toujours. Il ne faut pas croire que leur vie est un long fleuve tranquille : ils se font tous passer à tabac plusieurs fois, et se retrouvent à deux doigts de la mort de temps en temps. Mais la peur n’existe pas chez les « Peaky Blinders » !

Ma préférence va à la première saison, qui colle au plus près de l’esprit des gangsters des années 20. La troisième comporte quelques passages d’orgies qui m’ont un peu gêné : elles sont osées et inutiles au récit, mais ne nous y trompons pas, les trois sont toutes d’excellentes qualités.

 

Birmingham, ça avait l’air ghetto !

 

La série est très courte, mais la quantité laisse largement la place à la qualité. Nous avons donc trois saisons de six épisodes chacune, chaque épisode durant une heure. De fait, la série se regarde assez vite, et peut tout à fait se caler dans ton agenda.

Au niveau du casting, la plupart des acteurs sont inconnus du grand public, mais quelques-uns ressortent quand même du lot. Citons bien évidemment Cillian Murphy (28 jours plus tard, Batman Begins/The Dark Knight Rises, Inception), qui interprète Thomas Shelby comme son alter-ego. Pour l’anecdote, le personnage fume pas moins de 3000 cigarettes tout au long de la série, c’est vraiment clope sur clope ! Son ennemi, l’inspecteur Chester Campbell, a un visage reconnaissable instantanément : il est joué par Sam Neill, connu mondialement pour avoir interprété le Docteur Alan Grant dans la franchise Jurassic Park. Ici, il campe un personnage peu honorable, et il est agréable de voir cette facette apparaître dans son jeu d’acteur. Enfin, Polly Shelby est joué Helen McRory, que l’on a déjà vu dans Penny Dreadful, la franchise Harry Potter ainsi que dans Doctor Who. Là encore, elle joue une femme fatale et intelligente, mais pleine de bons sentiments, pour laquelle sa préoccupation principale est la réussite et la sécurité de sa famille. Enfin, notons l’apparition pour quelques épisodes de Tom Hardy (Mad Max : Fury Road, RocknRolla), ancien partenaire de jeu de Murphy d’ailleurs – ils jouent tous les deux un méchant dans The Dark Night Rises par exemple -, qui campe ici un bookmaker juif. Hardy est quasiment méconnaissable derrière sa barbe et son accent à couper au couteau, et il réalise là encore une prestation remarquable, bien qu’il ne soit en réalité que peu présent.

Un point d’honneur est a attribué à l’élaboration de l’univers de la série : tout est mis en œuvre pour nous offrir un véritable voyage dans le temps. Les quartiers gris de Birmingham sont fidèlement modélisés, et les costumes sont très à propos, tout comme les voitures ou les armes. La réalisation est adepte des grands plans, ouverts sur la campagne ou sur la ville, mais aussi des séquences au ralenti. Les scènes où les acteurs marchent en slow motion « parce que ça fait classe » sont d’ailleurs un poil trop nombreuses. Bref, un vrai travail de recherche a donc été réalisé pour la série. Dans le même ordre d’idée, les acteurs font l’effort de reproduire l’accent des années 1920, certains le marquant plus que d’autres.

Enfin, la bande son n’est pas en reste, composée par des groupes mythiques comme les Artic Monkeys, Radiohead ou encore The Black Keys. La chanson du générique Red Right Hand (plusieurs fois utilisée dans d’autres œuvres) est interprétée par le groupe Nick Cave and the Bad Seeds, une chanson très à propos, qui relate l’histoire d’un homme au bras long qui peut obtenir tout ce qu’il veut.

 

Power is power

 

En résumé, l’histoire de ces hommes partis de rien qui veulent sortir de leur condition par tous les moyens possibles vous tiendra en haleine durant les trois saisons (la série n’hésite pas à utiliser à foison des cliffhangers d’ailleurs). Je vous garanti que le nombre de passages que l’on peut qualifier de « trop stylé » est assez impressionnant ! La BBC a d’ores et déjà commandé les saisons 4 et 5, vous avez donc largement le temps de rattraper votre retard.

Le retour sur la saison 4 ici.

2 réflexions sur « Peaky Blinders : les gangsters de Birmingham! »

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