The Man In The High Castle. Et si les nazis avaient gagné?

Aujourd’hui encore, les nazis font partis des méchants les plus utilisés au cinéma ou à la télévision. C’est ici le cas pour The Man in the High Castle, une adaptation télévisée du livre du même nom de Philip K. Dick publié en 1962. Alors, la série est-elle à la hauteur de l’œuvre originale ?

Aujourd’hui encore, les nazis font partis des méchants les plus utilisés au cinéma ou à la télévision. C’est ici le cas pour The Man in the High Castle, une adaptation télévisée du livre du même nom de Philip K. Dick publié en 1962. Alors, la série est-elle à la hauteur de l’œuvre originale ?

Et bien je serais bien en peine de vous donnez une réponse définitive car je n’ai pas lu le livre. Voilà fin !

Haha tu y as cru ? Quand bien même je n’ai jamais posé les yeux sur le roman, celui-ci est un classique de la littérature de la science-fiction. Le roman est une uchronie, c’est à dire qu’une situation historique est reprise pour en changer l’issue afin d’en explorer les futurs possibles. Dick est l’auteur de classiques comme Blade Runner (dont le vrai titre est « Les androïdes rêvent t’ils de moutons électriques? »), Total Recall ou Minority Report, merci à lui donc. Dans The Man in the High Castle, il traite une réalité où les Alliés ont perdu la Seconde Guerre Mondiale, l’élément divergent par rapport à notre Histoire étant l’assassinat de Roosevelt en 1933 (il survit ce jour là dans la réalité toi même tu le sais). Ainsi, une chose en entraînant une autre, les allemands, les japonais et dans une moindre mesure, les italiens, deviennent finalement les maîtres du monde. Les États-Unis sont ainsi divisées entre l’Ouest japonais, l’Est allemand et une zone neutre centrale où la vie est un peu comme au far-west. Cependant tout n’est pas rose pour eux non plus pour les vainqueurs : d’une part, les allemands et les japonais se lancent dans une espèce de Guerre Froide, mais surtout, un homme mystérieux, le « maître du Haut Château » a écrit un livre qui relate un monde où les Alliés ont effectivement gagné la guerre. Ce livre devient donc un enjeux pour une ribambelle de personnages.

 

Ça n’avance pas des masses par ici

 

Voilà pour le résumé de l’œuvre originale. Avec une histoire comme ça, difficile de ne pas être intrigué par l’adaptation audiovisuelle. Après tout, on s’est tous demandé au moins une fois comment le monde serait si les Nazis avaient effectivement gagné la guerre (mais si, au moins une fois à l’école). A priori, la série reste plutôt fidèle au roman : l’action prend là aussi place en 1962, sauf que l’enjeu n’est pas un livre, mais une série de film cachés un peu partout dans le pays. Ceux-ci sont les déclencheurs des aventures vécues par les protagonistes car il apporte à la fois de l’espoir à la Résistance et du fil à retordre pour les puissances conquérantes. L’action tourne autour de divers personnages, qui ne se croisent pas forcément mais dont les actions sont liées. Nous avons ainsi un couple de jeunes américains qui deviennent au fur et mesure des membres de la Résistance, un agent double nazi beau gosse, quelques hauts gradés SS, un traître nazi qui en fait travaille avec les japonais dans le but de tuer Hitler, et le ministre japonais du commerce aux États-Unis.

Cela à l’air difficile à comprendre sur le papier mais tout est parfaitement clair à l’écran. Dans l’ensemble, les motivations de chacun des personnages sont comprises, au moins au final (à moins que l’on ne veuille justement nous les cacher). Au delà de cela, la série s’essouffle assez rapidement, et l’histoire n’avance pas toujours à la même vitesse suivant les protagonistes que l’ont suit, ils parlent beaucoup, genre beaucoup. Certains d’entre eux sont quand même plutôt inintéressants, comme le ministre japonais, qui au final ne sert pas à grand chose, tandis que d’autre sont haletants de A à Z. Quelques touches d’actions viennent pimenter les événements de temps en temps, mais trop peu pour une œuvre dont le scénario a un lien avec la guerre et les nazis.

L’histoire des films à récupérer, qui sont présentés comme les enjeux du scénario, n’est pas assez présente. Julianna, résistante et personnage principale de la série, est ballottée d’un endroit à un autre pour les retrouver mais on dirait la plupart du temps que ses périples ne servent à rien (à part se rapprocher du beau gosse oulala).

Bref, ça va que la première saison n’a que dix épisodes et que j’avais du temps à perdre cet été parce que sinon bonjour l’angoisse (bon j’avoue il y a aussi de bon cliffhanger, certains étant meilleurs que celui clôturant la saison d’ailleurs).

 

Une ambiance qui fait le taff

 

En revanche, les décors, la mise en scène des États-Unis vaincues, sont très bien trouvés : des drapeaux spéciaux ont été réalisés pour la série, des bâtiments nazis ou japonais modélisés au centre de New York et San Francisco. Dans la même idée, le fait que tout se déroule au début des années soixante est très bien soulignés par l’utilisation de tenues ou d’objets spécifiques. C’est cette ambiance particulière, ainsi que l’intelligence du contexte, qui sauve la série, qui sinon serait bien moins intéressante. Un petit bémol cependant : tout le monde parle anglais, à part quelques petites répliques en langue étrangère par ci par là pour faire genre. Si ça peut se comprendre pour certains allemands qui sont a priori nés aux États-Unis, et encore, mais c’est perturbant quand deux japonais pures souches se parlent entre eux. Flemmardise de la production ? Je ne sais, en attendant c’est bien dommage quand ont voit que Narcos a réussi à tourner la moitié de ses dialogues en espagnol.

Quelques acteurs sortent du lot, notamment ceux jouant les conquérants ( peut-être est-il facile de jouer un bon nazi ? Je pense bien sûr à Christoph Waltz). Rufus Sewell joue un général nazi très convainquant, pas sadique ni fou mais qui croit en la bonne raison de sa mission et dans le Reich. C’est l’antagoniste principal de la série. Les acteurs japonais sont bien dans leur rôle : Cari-Hiroyuki Tagawa interprète le ministre de la culture dont je vous ai parlé précédemment. Si son rôle n’est pas très intéressant dans ce qu’il apporte dans l’histoire, l’acteur le campe très bien, notamment cette ambiguïté qui anime le personnage. Du côté des résistants ce n’est en revanche pas trop la folie, seul Rupert Evans, qui joue Frink Frank , sort son épingle du jeu. Il va passer par des stades émotionnels allant du désespoir à la colère en passant par la vengeance qui seront ma foi bien retranscrits.

 

En gros, ça va que c’est tiré d’un livre de maître

 

Voilà en conclusion, une série à regarder pour son ambiance particulière et pour son contexte pertinent, plus que pour l’action qui s’y déroule. Sans dire qu’elle est nulle, ne t’attends pas à la révélation de ta vie. Un dommage pour une des premières séries produites par Amazon, un groupe qui a les moyens de faire mieux (vu que son chiffre d’affaire est genre supérieur au PIB du Mozambique, de la Birmanie et de la Bolivie réuni). Une saison 2 de douze épisodes est sorti début 2017 et démarrera en décembre prochain. Affaire à suivre.

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