Warcraft : le Commencement. Un hommage correct à la licence!

Warcraft : Le Commencement, dernier produit d’une franchise qui fait office de poule aux œufs d’or depuis bien des années. Alors, ça vaut le coup, ce qu’il se passe en Azeroth ?

Warcraft le commencement Jérémy Potel

Depuis le premier jeu Warcraft : Orcs vs Humans, un nom évocateur, sorti en 1994, la franchise n’a cessé de croître et de convertir des adeptes. Celui-ci fut suivi bien vite par Warcraft II : Beyond The Dark Portal, et Warcraft III : Reign of Chaos, les deux derniers ayant de plus leur propres extensions. Ces opus sont des jeux de stratégie en temps réel ( ce concept de jeux où vous devez construire votre base et vos petits soldats et détruire l’adversaire avec), un genre pas vraiment ouvert au grand public, mais qui ont fait foi à l’époque dans leur domaine, en concurrence directe à l’époque avec un autre jeu de Blizzard : Starcraft. Quand bien même, Warcraft III, de part son gameplay, ses graphismes et son scénario a grosso modo mis tout le monde d’accord, et la plupart des joueurs ayant un pc en cet année 2002 et par la suite l’ont forcément un peu rouillé.

 

Cependant, la vraie bombe vint avec la sortie du jeu en ligne (vous savez, ces fameux « MEUPORG ») World of Warcraft en 2004. Et là mes amis, je dois avouer que c’était un putain de jeu ! Un vaste monde d’aventure sans fin s’ouvrait à toi, et tu pouvais y passer des jours entiers parce que c’était trop de la balle. Tu créeais ton personnage et il y avait tout le temps quelque chose d’épique, la communauté était alors mature, pratique pour se faire des vrais potes. Je ne regretterais jamais d’avoir passé un an de ma vie dans ce monde, et je recommencerais sans hésiter si je le pouvais. Malheureusement, le jeu a perdu en qualité depuis, et en nombre d’abonnés, notamment à partir du moment où Blizzard a fusionné avec Activision en 2008, et où ils ont décidé de simplifier le truc pour en offrir l’accès au premier chaland de douze ans venus.

Le dernier né de la série étant Hearthstone, dont nous avons déjà parlé ici.

Vous l’avez compris, cet univers me tient franchement à cœur, et un dossier verra certainement le jour sur votre site, restez à l’affût.

 

Une affaire qui roule mon pote !

Au delà des jeux vidéos, nous avions jusqu’à présent des jeux de plateaux, des cartes, des comics, des mangas, des livres et tout un panel de merchandaising abusé (peluches, statuettes, costumes et tout et tout). Il ne manquait qu’une chose au studio : un film, pour conquérir toujours plus le monde, voire LE monde.

Le scénario est connu : les faits relatés sont ceux de la Première Guerre entre les humains et les orcs, celle même ayant lieu dans Warcraft I. Grosso modo voilà le plot tel qu’on le connaît, les orcs, tranquillement posés dans leur monde de Draenor, sont peu à peu corrompus par les démons de la Légion Ardente, via un chef orc assoiffé de pouvoir : Gul’dan. Ces fameux démons voient dans ces créatures de fortes statures des armes potentiels. La Légion veut repartir à l’assaut du monde d’Azeroth, celui des humains, des elfes, des nains et autres, duquel ils ont été chassés dix milles ans auparavant à l’issue d’une terrible guerre. Pour passer d’un monde à l’autre, les orcs construisirent le Portail Noir à l’aide de leurs nouveaux pouvoirs démoniaques.

Pour animer tout ce petit monde, il a bien fallu user d’effets spéciaux à foison. Ceci peut rebuter, surtout quand on sait que ça peut vite être la dérive dégueulasse (souvenez vous des orcs dans Le Hobbit) mais on sait que Blizzard est particulièrement balaise pour faire d’excellentes cinématiques en images de synthèse, et ce depuis plus de dix ans maintenant. De plus, leurs récents travaux sur Overwatch nous conforte dans cette idée, les gars aiment bien faire du joli et du propre, que l’on aime le style ou non.

Bref, pour les aspects du scénario et des graphismes, on est parti plutôt confiant.

Les noms de la petite équipe ne sont pas forcément connus du grand public. Le film a été réalisé par Duncan Jones, que vous connaissez peut-être à travers le film Moon, peu connu mais qui a reçu de nombreux prix et d’excellentes critiques. Il est d’ailleurs le fils de David Bowie. Pratique pour rentrer dans le milieu très fermé du cinéma, il faut le dire. Le casting se compose notamment de Travis Fimmel, surtout connu pour interprété le personnage principal de la série Vikings, Ragnar Lothbrok, de Paula Patton, qui a joué dans Mission Impossible : Protocole Fantôme, Benjamin Foster, qui joue Angel dans X-Men : L’Affrontement Final, Dominic Cooper qui campe notamment Howard Stark dans le CMU et Toby Kebell, habitué des slows motions puisqu’il a joué un dans des singes dans le dernier opus de la Planète des Singes.

Bref, une toute nouvelle génération d’acteurs, à nous de vois ce qu’ils valent. Pour le coup le seul que je connaissais vraiment est Fimmel, dont j’apprécie les talents.

 

Une fois de plus, les tambours de guerres résonnent

Ainsi, le film relate l’arrivée des orcs en Azeroth, après que ces derniers aient trop fait joujou avec des forces démoniaques, et les débuts de la guerre contre les royaumes humains. Les points de vues alternent entre les deux camps, et on voit ainsi que tous les orcs ne sont pas juste mauvais. Un constat moins nuancé du côté humain, qui grosso modo sont tous beaux dans leurs brillantes armures. Ces événements se déroulant sur au moins deux jeux entiers ne peuvent être bien évidemment contés en un seul épisode. Le film a donc pris le partie de ne servir que d’introduction a quelque chose de bien plus vaste, il se place uniquement dans le temps présent. En effet, sûrement pour de temps mais aussi de simplicité de l’histoire, à aucuns moments n’est expliqué le pourquoi du comment des événements, presque aucunes références n’est faite aux temps passés. On ne sait donc pas comment les orcs sont rentrés en possession de la magie démoniaque, qui pourtant est le point central du film, mais n’est jamais expliqué dans le film. Même si cela sera sûrement expliqué dans les mille films qui vont suivre (et croyez moi, il y a matière), Blizzard a choisi d’orienter son film pour ses fans, qui eux connaissent l’histoire, les tenants et les aboutissants.

Bien sur, le film peut tout à fait se regarder en tant que tel, sans rien connaître à l’univers, mais perdrait alors grandement son intérêt : le fait que ce soit un film Warcraft lui donne en effet beaucoup de saveurs. Malgré un énorme effort pour simplifier le scénario originel (en usant de la redite par exemple) tel que l’on le connaissait à travers les jeux et les livres sortis bien avant le film, le film fourmille de noms de personnages et d’endroits à retenir (et de quelques clins d’œil à nous autres, ex no-life). De ce fait, et c’est plutôt rassurant, le néophyte devinera ainsi que l’univers est bien plus vaste que ce qu’il nous ai montré à l’écran, et aura sûrement moins tendance à juger le film comme une œuvre à part entière.

 

Une équipe de newbie, mais pas de noob

Niveau casting, des acteurs bien dans leur rôle, rien de transcendant toutefois, peut-être la faute à des dialogues trop écrits, trop proprets. Fimmel, interprétant le général humain Anduin Lothar, campant bien son personnage, passe par un spectre d’émotions assez large, et est donc convaincant, même si à mon sens, il aurait mérité un poil plus de liberté. Nous avons en effet vu dans Vikings toute l’expression de son talent. L’autre coup de cœur est Foster, qui joue un Medivh comme il se doit, pleins de maturité, un peu énigmatique. Patton interprète Garona, un personnage mi-orc, mi-draeneï – des êtres bleus humanoïdes – (et non pas mi-humain comme je peux le lire parfois), et, en plus d’être le seul personnage féminin ayant un vrai rôle, apporte une touche de sensibilité bienvenue (parce que son personnage est ambiguë, pas parce que c’est une femme soyez pas macho).

Côté orc, nous avons en revanche du gros lourd. Peut-être est ce grâce à l’aide des effets numériques et que donc les visages réels sont cachés, mais il me semble que leur jeu est bien plus convaincant que celui des acteurs côtés humains. Kebell joue Durotan comme il se devrait : en grand et honorable chef de guerre, mais la mention spéciale à Daniel Wu Yanzu, un acteur d’art martiaux surtout connu en Chine, qui joue un Gul’dan démoniaque dans toute sa splendeur, si il n’y avait qu’une performance à retenir, ce serait la sienne !

A noter qu’aucuns des acteurs ne connaissait vraiment l’univers de « Warcraft » auparavant, et du coup, partant de zéro, on ne peut qu’admirer la performance !

Rien à dire sur la bande son, qui fait juste son taff, mais en revanche, la photographie est bonne. Les lieux et paysage sont magnifiques, bien que tous retouchés ou presque. Les scènes de combat valent leur pesant de cacahuètes aussi, malgré quelques lenteurs, qui s’expliquent surtout par le fait que les orcs sont plus massifs que véloces. Et il est important de le redire, les effets spéciaux sont propres et réalistes ! Du travail de pro !

 

Une nouvelle ère dans le cinéma ?

Oui, j’avoue, la nostalgie et l’amour que j’ai pour cette licence ont peut-être enjolivé mon regard et mes sentiments quand à l’égard de ce film. Mais ne nous y trompons pas, c’est un bon film. Il faut le prendre comme ce qu’il est : à la fois le début d’une saga qui s’annonce épique, le tout premier film chapeauté par Blizzard, un outil pouvant concilier fan de la première heure et grand public, et surtout adaptation de jeux vidéo. Concernant ce dernier point, nous savons que la plupart du temps c’est surtout la catastrophe, mais le réalisateur, Duncan Jones, voulait réaliser la performance de réussir l’adaptation d’une licence au cinéma. Je dis clairement pari réussi !

Allez, et vu que certains amour ne s’oublie jamais vraiment, je le clame : POUR LA HORDE.

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