Westworld, le western phare de HBO !

D’ores et déjà catégorisée comme la nouvelle série phare de HBO, celle dont on dit qu’elle va reprendre le flambeau que laissera l’année prochaine Game of Thrones, cette série pas comme les autres à su séduire en seulement dix épisodes. Retour sur image.

Westworld Jérémy Potel

Il n’y a pas à dire, HBO fait dans la qualité. La chaîne fait partie des rares acteurs à pouvoir contrebalancer le rouleau compresseur Netflix en terme de diffusion de programme. Pourtant, HBO a longtemps fait dans la série destinée à un public de niche : Oz d’abord puis surtout The Sopranos et The Wire. Des œuvres qui font office de légendes dans l’histoire moderne des séries, celles qui ont mis les premières un soupçons de filmesque dans leur format et leurs scénarios. Peu à peu, la chaîne s’est ouverte au grand public, avec des séries comme True Blood ou Sex And The City. Mais c’est bien évidemment avec Game of Thrones qu’elle a mis tout le monde d’accord (et ses concurrents en PLS). Le point final du jeu des trônes se terminant dans un an, HBO se devait de trouver un remplaçant à son programme phare. L’aurait-elle déjà trouvé avec Westworld?

 

Un concept original, faut avouer

Westworld est basé sur un film du même nom sorti en 1973, qui a bien marché, tant financièrement qu’au niveau des critiques. Plus de quarante ans plus tard, une sorte de reboot en plusieurs épisodes nous ai proposé (à croire que c’est dans l’air du temps de faire du neuf avec du vieux), qui finalement assez vite déclenché une hype. Mais de quoi ça parle concrètement ?

L’action se déroule dans un moment non déterminé du futur, où une entreprise a créé un parc à thème estampillé far-west. Mais laisse nous te dire que cette attraction a plus de pêche que celle des Pirates des Caraïbes à Disney ! Le parc est en fait grandeur nature, c’est carrément un nouveau monde qui s’ouvre : le visiteur visite en fait le vrai far-west. Cela est possible grâce à des inventions technologiques révolutionnaires : des robots à apparence humaine, les « hôtes » parcours le parc, et peuvent interagir quasiment parfaitement avec les visiteurs. Ils proposent des aventures, mais il est aussi possible d’avoir une discussion avec eux, de coucher avec ou de les tuer. Dans le sens inverse, ils ne se rendront jamais compte de leur condition, et ne pourront pas blesser ou tuer les visiteurs.

Évidemment, ça c’est sur le papier, et comme toute bonne œuvre impliquant des robots, tu te doute bien que ça part vite en sucette. La trame temporelle est volontairement brouillonne (donc dans le bon sens du terme) et longue à se mettre en place, mais à l’image d’un voyage initiatique, tu dois emprunter la route seul. Sache cependant que tu vas admirer toute une bande de personnage aux motivations différentes, et que tout va finir par s’éclairer au fur et à mesure (partiellement du moins car il y a une saison deux en préparation). Les allers retours scénaristiques sont fréquents entre ce qu’il se passe dans l’entreprise responsable du parc et le parc lui-même, certains personnages passant fréquemment de l’un à l’autre. Les intrigues finissent par s’entremêler entre les deux lieux. Enfin, sache pour te rassurer que ça à beau être un poil complexe, il y aussi de bonnes scènes d’actions sanglantes (en même temps les cow-boys c’est pas des tendres!).

Une ambiance aux petits oignons

La réalisation est au top, et ce pour plusieurs raisons. D’un point de vue artistique, que ce soit au niveau des décors ou de la bande son, il n’y a rien à y redire. Les paysages de l’Utah sont magnifiques et très à propos, et contrastes avec la froideur de l’ambiance de l’entreprise. La bande-son, composée par l’excellent Ramin Djawadi (qui a bossé sur Game of Thrones mais ça vous le savez maintenant), est volontairement mélancolique, notamment celle du générique, ce qui donne un ton lugubre. Nous avons un usage fréquent de cette instrument noble qu’est le piano, à la fois en terme de soundtrack qu’à l’écran, bien pensé pour accentuer une atmosphère qui se révèle bien sinistre. De plus, la musique sait bien marquer les moments de tensions, qui du coup sont accentués comme il le faut (au moment des révélations qui t’assomment notamment).

Du côté du casting, nous sommes partagés entre une nouvelle génération d’acteurs accompagnés de quelques vieux de la vieille. Parmi ceux-ci citons bien évidemment Anthony Hopkins, qui du haut de ses 70 ans et des poussières fait encore parfaitement bien son boulot. Bon rien de marquant non plus à la Hannibal Lecter mais quand même, on y croit. Le seul bémol étant que du coup, d’une présence anecdotique en début de saison, il finit par prendre de plus en plus de place. Est-ce par rapport à son rôle ou parce que c’est Anthony Hopkins ? Nous vous laissons juger. Ed Harris est aussi de la partie, dans un rôle glaçant, qui lui sied bien à la peau. Il représente un des personnages les plus emblématique de la série : il a une longue histoire avec le parc, et est déterminé à en découvrir tous les secrets, à n’importe quels prix.

Ces deux monstres du cinéma sont donc entourés d’une ribambelle de jeunes acteurs peu connu du grand public, qui sont emportés par deux femmes. La belle Dolores, personnage principal de la série, est interprétée par Evan Rachel Wood, qui nous montre une palette impressionnante d’émotions (quasiment toutes en fait). La cynique Maeve, non moins importante dans l’évolution du scénario, est interprété par Thandie Newton, que vous connaissez au moins de visage.

Westworld est une série comme il est rare d’en voir. Sa réalisation au poil et son scénario délicieusement alambiqué vous tiendrons en haleine tout au long des dix épisodes de la série. Les retournements de situations sont inattendus et fort, et surtout cohérents. Si à terme de nombreuses interrogations sont résolus, il reste un certain nombre de points obscurs à éclaircir. Pour la saison 2 en 2018 peut-être ? Nous l’espérons fortement.

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