Booba : Trône. Le Duc est-il devenu le Roi ?

Présent dans le rap game français depuis la nuit des temps, Booba est revenu en décembre 2017 avec Trône, album aux sons variés et déjà double disque de platine. Cet album est-il l’adoubement final du Duc?

Présent dans le rap game français depuis la nuit des temps, Booba est revenu en décembre 2017 avec Trône, album aux sons variés et déjà double disque de platine. Cet album est-il l’adoubement final du Duc?

Avant Booba, il n’y avait rien. Bien sûr, nous avions IAM, NTM ou Oxmo Puccino, mais c’est le duc de Boulogne qui a intronisé dans le rap ce côté « à l’américaine ». Ses premiers rivaux de l’époque, La Fouine et Rohff (qui en plus va aller en prison pour avoir tabassé un vendeur de Unküt en 2014) sont passés aux oubliettes. Faiseur de rois et coupeurs de tête (à voir sa relation avec Kaaris), et malgré une concurrence qui se multiplie en plein nouvel âge d’or du rap francophone (Damso, PNL, MHD, Lorenzo et autre Kalash Criminel), dont certains sont ses poulains, Booba semble au dessus de tout ce microcosme. Un statut qu’il revendique avec Trône.

 

Décidément, Booba sait s’adapter à tout : il nous l’a prouvé à maintes reprises. Le gangsta rap? Il l’a introduit en France. Le cloud popularisé par PNL ? Il a lancé la mode avec son utilisation maligne du vocoder (un peu trop à mon goût parfois). La trap qui cartonne depuis deux ans ? « Je peux aussi faire de la trap de merde »clamait-il dans Pinocchio. De nombreuses facettes qui se retrouvent dans Trône, où Booba touche à tous les registres et se fait plaisir. Dans l’ensemble cependant, il fait du rap qui s’adresse au plus grand nombre, bien loin de ses débuts où ses sons s’adressaient à un public spécifique, ces amateurs de musique urbaine qui le suivaient depuis l’époque de Lunatic. Un changement qu’il a commencé à opérer avec Futur et qui se poursuit aujourd’hui. Le rythme est plus lent, et les sonorités plus riches, des musiques qui frôlent parfois le rnb.

Les sujets de ses textes sont surtout centrés sur sa vie, ses doutes, sur sa famille comme dans R la folie. Ses textes sont moins engagés qu’auparavant, moins de haine de la cité envers l’Etat, les rares exceptions étant Drapeau Noir et E. L. E. P. H. A. N. T. , moins de misogynie (globalement hein) pour des paroles plus lisses . Musicalement, nous sommes à des années lumières de la boîte à rythme, pour des mélodies abouties, avec notamment l’utilisation du piano comme dans Petite Fille, une chanson trop choute à la Renaud, dédiée à sa fille : bel exemple d’un homme qui a trouvé la sérénité. Les clips qui sont parus imposent aussi le respect : celui de Friday se passe dans les Rocheuses, rien que ça.

 

En somme un album charnière où le personnage a laissé la place à l’homme. Personnellement je préfère ses anciens albums plus gangsta comme Ouest Side ou 0.9 voire Futur plutôt que Trône, mais je dois admettre que cet album est atypique et plus construit que ses prédécesseurs. Booba s’y dévoile, et assume sa nouvelle vie et ses changements artistiques, il se surprend même à chanter (au sens le plus lyrique du terme) comme dans DKR. Booba a par ailleurs récemment déclaré qu’il estimait produire un dernier album avant de lâcher le rap. Comment pourrait-il en être autrement lorsque l’on sait que la musique n’est plus qu’une branche de son vaste empire.

2 réflexions sur « Booba : Trône. Le Duc est-il devenu le Roi ? »

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