3% saison 2. Le Processus final ?

La série bresilienne 3% nous livre une nouvelle page de son histoire. Nous devons avouer que les créateurs se sont quand mème creusés la tête !

Une de nos dystopies préférées à KultureMania est revenue en avril pour notre plus grand plaisir. Nous n’allons  pas revenir sur la genèse de 3%, mais ici parler de la seconde saison. Comme d’hab, ça spoil en fin d’article mais dans tous les cas, il est hautement conseillé d’avoir vu la première saison avant de vous lancer dans cette lecture.

 

Un renouveau bienvenu dans l’univers de 3%

Souvenez vous, nous nous étions arrêté après la fin du 104eme Processus, où nos jeunes protagonistes avaient été séparés en deux groupes : Rafael et Michel avaient réussi à passer sur l’Autre Rive, tandis que Joana et Fernando avaient renoncé, chacun pour des raisons différentes. La série aurait pu se terminer là, le seul point de suspens que nous avions était alors la découverte de l’Autre Rive, même si nous pouvions nous douter de ce à quoi ça pouvait ressembler (et ça ressemble du coup exactement à nos prévisions).

Au vu du succès de la première partie, Netflix a décidé de rempiler, d’autant que les scénarios de chaque saison pouvaient être recyclés en cas de panne d’inspiration : il suffirait alors de montrer un nouveau Processus à chaque fois avec une nouvelle bande de protagonistes, tout en ressortant des anciens pour faire bonne figure. C’était du coup le risque de cette suite, qui aurait pu être une continuité de paresseux, sans pour autant perdre en qualité (là est l’astuce).

Cette seconde saison de 3% ne se concentre donc pas totalement sur un nouveau Processus, mais se focalise davantage sur les anciens participants, et leur rapport à cette institution. Si un grand nombre de leurs compatriotes du Continent continue de le vénérer, y voyant une manière de séparer les méritants des autres, Joana, Fernando, Rafael et Michele l’arborent au plus au point. Pour autant, chacun d’entre eux à des motivations diverses pour agir ou non, et les allégeances seront fluctuantes. Cette nouvelle saison se concentre globalement plutôt sur la lutte entre la Cause et l’Autre Rive, ce qui donne des passages intéressants car nos jeunes gens sont pris entre les deux feux, et doivent souvent jouer des doubles jeux dangereux.

2014 world cup crying GIF

Quand ils s’acharnent pour rien sur ce BG de Rafael

 

Netflix approfondie son univers dystopique

Cette suite nous permet d’en apprendre plus sur l’univers de l’œuvre, des informations qui manquaient cruellement dans la première saison : les scénaristes s’étaient alors concentrés sur le fil rouge, au risque de perdre le spectateur dans le cas contraire. Des informations qui sont à présent habilement distillées tout au long des épisodes, dans les lieux en arrière plan (immeubles de bureaux délabrés, statues écroulées…) et dans les répliques des personnages : Joana parle de « briques noires » quand elles voient des téléphones portables des années 90 (comme les jeunes de nos jours en fait) et Rafael évoque des animaux qui ont disparu « comme les lions et les zèbres » (aka nous en 2050).

Cette saison reprend le casting de son aînée, en ajoutant toutefois un antagoniste principal, dans le personnage de Marcela, ce qui manquait auparavant. Nous avions Ezekiel, mais c’était avant tout un homme qui faisait son boulot, quoique à sa manière bien particulière. Au delà du simple Processus, nous avons donc un personnage qui fait office d’ennemi à vaincre. Quand à nos quatre larrons, nous avons encore nos chouchous. Rafael est toujours autant au top, tel le héros qu’il est (sa nouvelle coupe lui va moins bien cependant), tout comme Joana, devenue plus expressive. Fernando a développé une forme de colère (et des muscles), qui donne du corps à son personnage. Seule Michele peut être ennuyante parfois, car nous ne savons pas vraiment à quoi elle joue la plupart du temps, et elle peut être franchement contre productive.

Dans sa réalisation, la série prend des libertés bienvenues, tant en termes spatiaux que temporels. Nous voyageons plus largement dans d’autres lieux et dans d’autres époques, approfondissant plus avant l’atmosphère de la série. Nous virevoltons ainsi entre le Continent et l’Autre Rive, ainsi que dans le temps présent et dans le passé, conjuguant ainsi trois époques différentes. La réalisation se permet de bonnes libertés artistiques : certains passages placent deux péripéties de personnages en miroir, qui se ressemblent dans leurs actions, ce qui permet de mettre en place un certain rythme. De même, le carnaval du Processus (ou peu importe le nom du truc) est un joli passage pleins de couleurs et de musiques agréables. Nous sommes bien loin ici des froids tunnels du Processus de la première saison. Si on veut vraiment chipoter sur la réalisation cependant, notons que les effets numériques, les objets de haute technologie ou les armures des gardes font plutôt cheap, tout comme les gros plans sur la ville où nous voyons bien que c’est du fond vert.

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Am I right to believe in our future ?

Rien n’est parfait, y compris le Brésil (arrête de lire si t’as pas vu)

 

Passons à une rapide partie spoil ici, juste histoire de soulever quelques défauts, déjà présents dans les premiers chapitres.

3% a ainsi tendance à privilégier le twist au profit de la cohérence, un problème aussi présent dans La casa de papel. Chaque fin d’épisode fini donc sur un cliffhanger que les scénaristes sont bien obligés de gérer après. Les deux exemples les plus marquants, vous le savez, sont le moment où Ezekiel avoue qu’il est revenu dans la Cause (alors qu’il l’a combattu pendant 25 ans) puis sa mort qui survient pour rien. La série aurait grandement gagné à le garder, l’acteur étant d’autant plus très bon. Le deuxième moment étant la réapparition de Marco. Alors ok, nous ne l’avions pas vu mort dans la première, mais bon. D’autant que le personnage n’est plus que l’ombre de lui-même, et ne réussit pas grand chose de ouf (et puis pour couronner le tout, nous apprenons que Marcela est sa mère, tout cela est normal quoi).

En revanche toutes les révélations sur les Fondateurs, qui étaient à la base trois mais dont les deux survivants ont choisi de plonger le Continent dans les ténèbres, au sens propre comme au sens figuré, étaient intéressantes. Cela rend le Processus et son adoration encore plus morbide : les gens du Continent vénèrent finalement leur prison.

 

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Le monde idéal

En bref, une série qui a fait le choix habile de ne pas tomber dans la facilité. Là est la similitude entre le monde de 3% et celui impitoyable des séries : on s’adapte où on meurt. À regarder pour passer un agréable moment, nous ne désespérons pas de voir une série aussi cool made in France sur Netflix (le premier qui dit Marseille sort). En plus, c’est tellement beau le portugais.

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