The Good Place : seulement une œuvre comique ?

De nouveau sur les ondes avec un papier sur The Good Place. Serie qui pourrait passer seulement pour une comédie, mais qui renferme un scénario réfléchi et un appel à la réflexion.

Alors que la deuxième saison s’est achevée il y a quelques semaines sur Netflix (décidément toujours lui), nous avons enchaîné assez rapidement The Good Place . Simple série comique au premier abord, et ça aurait pu tout simplement l’être, la série renferme quelques bonnes notions de philosophie et un scénario tout de même réfléchi. Loin d’un simple enchaînement de vannes, l’œuvre véhicule un message concret. Mais commençons par le commencement.

 

The Good Place, réussite sur plusieurs aspects

De quoi ça parle ? Sans en dévoiler trop, la série commence au moment de la mort de Eleanore, qui se réveille dans un endroit qu’elle ne connaît pas. Michael, le taulier, lui révèle qu’elle est dans le Good Place, comprenez le paradis, et qu’elle a gagné le droit profiter de l’éternité dans un cadre paisible. Comme tout un chacun dans cette après vie, on lui a attribué une âme sœur : Chidi, ancien professeur de morale australien.

Le problème étant qu’Eleanore comprend bien vite qu’il y a erreur sur la personne, et qu’à la vue de la vie qu’elle a mené, elle mérite sans conteste d’être dans le Bad Place. Pour garder intact sa couverture, et finalement mériter sa place, elle va demander à Chidi de lui donner des cours d’éthique et de morale en cachette.

Remarquons d’emblée la richesse de scénario. Là où un certain nombre de séries axé sur la comédie propose des situations initiales simplistes (une bande d’amis démocrates avec un triangle amoureux au milieu), The Good Place choisit de frapper fort directement : le cadre et l’enjeu suscitent notre intérêt. L’œuvre nous propose de découvrir des notions d’éthique et de philosophie de manière originale, ce qui est tout de même un bon point (et oui, car apprendre ça reste sexy). L’humour est aussi bien trouvé, en accord avec les personnalités de chacun, même si un poil trop forcé dans la seconde saison.

La série se concentre sur une poignée d’acteurs principaux qui ont ensemble une bonne dynamique, avec des jeux d’acteurs tout à fait honorables. Eleanore est jouée par Kristen Bell, la célèbre Veronica Mars, série qui avait cartonnée dans les années 2000 (il va y avoir un film il paraît). Outre le fait qu’elle n’a pas vieilli depuis (les bienfaits de la richesse peut être ?), elle joue très bien son rôle de pimbêche. Ce sera cependant la personne du groupe qui évoluera le plus, gagnant grandement en moralité au fur et à mesure du récit. Son âme sœur, Chidi est donc le compas morale la bande. Outre sa grande connaissance du sujet, ce qui nous procure un bonus de culture générale, il possède une personnalité hilarante à ses dépends : il est totalement inapte à faire des choix, ce qui procure des situations vraiment cocasses. Ils seront accompagnés par Tahani, aristocrate superficielle, et Jianyu Li, un moine bouddhiste qui a fait vœu de silence.

Le quartier du Good Place où vivent les protagonistes a été créé par Michael l’architecte, interprété par Ted Danson, vu notamment dans les séries Fargo (dont les trois saisons sont très bien) et dans CSI. Il est accompagné par Janet, une intelligence artificielle qui a pour rôle doit procurer aux habitants tout ce qu’ils veulent. L’actrice joue vraiment bien le robot enjoué et imperturbable et le personnage est vraiment un gros plus à la série.

La réalisation comporte quelques passages plutôt intéressant, notamment les allers-retours avec les passages de la vie des protagonistes, ce qui permet de renforcer leurs profondeurs, et mettre en miroir l’évolution de leurs personnalités. Par ailleurs, la série a recours à quelques effets spéciaux de temps en temps, qui sont tout à fait honorables, même si il est dommage que finalement, l’au-delà ressemble au pavillon américain moyen. Nous comprenons évidemment que cela est pour des raisons pratiques, et pour répondre au besoin du scénario. Enfin, le plot twist de la première saison, qui a surpris tout le monde à l’époque et qui a fait couler beaucoup d’encre, a le mérite de relancer la série et de la remettre en perspective.

En bref, une série intelligente et drôle qui se regarde toute seule, et qui fait passer un bon moment. Pour peu que l’on soit ouvert à l’idée, le message véhiculé par The Good Place, peut se révéler inspirant, et nous pousser à devenir de meilleures personnes.

Yoda GIF
Le plus grand des philosophes

 

Un retournement de scénario bien pensé

Spoilons un peu donc, sur quelques éléments qui méritent que nous nous y attardons.

Tout d’abord, si vous avez vu les quelques premiers épisodes de The Good Place, vous savez Jianyu Li n’est pas vraiment un moine taïwanais, mais Jason Mendosa, un ancien looser qui est mort de façon complétement débile. Outre la surprise de cette révélation, le personnage est vraiment drôle de par sa bêtise, et l’acteur a été, à juste titre, plébiscité pour ce rôle. Toutefois, cet aspect de sa personnalité est relativement plus marqué dans la deuxième, parfois à outrance. Dommage de tirer autant sur la corde. Par ailleurs, sa romance avec Tahani n’est pas super crédible, au contraire de celle avec Janet, avait le mérite d’être plus amusante car plus loufoque.

Évidemment, nous devons parler de la révélation finale de la première saison. Contre toutes attentes, défiant tous les pronostiques, les protagonistes sont en fait, roulement de tambours, dans le Bad Place ! Si quelques personnes (peu) de mon entourage l’avaient effectivement deviné, j’avoue que ce fut une surprise pour moi. Comme vous le savez, c’est Eleanore qui s’en rend compte, en voyant les situations compliquées dans lesquelles se retrouvent les personnages au fur et à mesure du temps. Michael est en fait un démon, qui a voulu tenter une façon originale de torturer ses victimes. Il a estimé que les protagonistes se tortureront psychologiquement eux mêmes inconsciemment, de par leurs personnalités. Il n’avait pas anticipé que son plan tombe à l’eau à cause d’Eleanore, dans sa volonté de changer. Michael tente donc environ 800 fois différentes de réussir son plan, en effaçant leurs mémoires, sans succès, ce qui donne lieu à un enchainement de scènes bien pensées. De là repose le synopsis de la seconde saison : Michael doit finalement s’allier tant bien que mal avec les humains, sinon il risque l’éternel damnation à cause de son échec. Cette nouvelle configuration, ainsi qu’un approfondissement de la mythologie de l’univers, permet de conserver un certain intérêt pour The Good Place.

Cette seconde saison est pourtant un cran en deçà de la première, dans la mesure où quelque fois, les actions et les vannes semblent forcées, notamment chez Jason comme nous l’avons évoqué. Par ailleurs, il est toujours difficile de conserver un certain standard après la révélation d’un plotwist majeur comme celui-là. Le dernier épisode et son dénouement relèvent quand même le niveau général. La fin, bien pensée, finit sur un cliffhanger, dont nous aurons la chance de voir le dénouement lors de la saison 3 annoncée pour la fin de l’année, toujours sur Netflix.

 

Im Twist GIF
Quand tu veux faire le malin devant les autres

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