Game of Thrones : défendons la saison 8 !

Crachez pas dans la soupe messieurs-dames !

Cela ne vous aura pas échappé, la huitième et dernière saison de Game of Thrones a déchaîné les passions et a divisé la planète. En effet, les écueils sont nombreux et justifiés, en premier lieu un rythme trop rapide et des scénarios moins profonds. Cependant, alors qu’à KultureMania nous sommes toujours prompts à critiquer – à voir notre article assassin sur Avengers : Endgame – c’est aussi par défi, par une volonté de se retrouver du côté de la minorité. Et cette fois, qui l’eut cru, Game of Thrones, la série qui aura marqué la décennie, se retrouve acculée par une horde de spectateurs en fureur. Les notes sur IMDB ne sont pas glorieuses, pas plus que les échos qui parviennent à nos oreilles ici à la rédaction (vous avez entendu parler de cette fameuse pétition).

Capture d’écran IMDB

Nous n’allons donc pas revenir sur les défauts, d’autres s’en sont déjà chargés en long et en large, mais nous allons nous dresser contre l’infamie. Nous devons bien ça à Game of Thrones, cette série qui nous a fait vibrer, qui nous a fait nous rapprocher (qui ne s’est pas fait des potes en soirée avec cette fameuse question « tu regardes Game of Thrones? » ?), bref, qui a élevé l’humanité. Évidemment, the longer the better, mais voilà, la série de tous les records s’est terminée le 20 mai 2019, avec HBO qui revendique l’écrasant nombre de 19 millions de spectateurs lors de la diffusion.

Riche KultureMania
Rare image du PDG De HBO après dix ans de succès

Le changement de qualité tant décrié au fur et à mesure de l’avancement  ne date pas d’hier, certains grinçaient déjà des dents depuis la septième saison (voire même quelques passages de la sixième). Ce fut le moment de basculement où la série ne fut plus soutenue par les livres. Les deux scénaristes et créateurs ont donc dû voler de leurs propres ailes, et il faut avouer qu’ils s’en sont bien sortis. Ils ont appliqué leurs pattes, en apposant un style moins littéraire et plus cinématographique à leur bébé, ce qui n’est pas foncièrement décevant en soi. Pour notre part, la saison sept, celle qui est mis dans le même panier que la huitième à beaucoup d’égards, est tout à fait plaisante à regarder, malgré quelques défauts temporels ou des dialogues bancals par moment. Qui serait prêt à cracher sur des scènes marquantes telle que le vieux Walder égorgé par Arya, Drogon qui crame des Lannister ou tout l’arc narratif où l’on suit la dream team qui part au Nord chercher un spectre ? Allez ne mentez pas, elle se regarde toute seule. Seule la mort précipitée de Littlefinger est un point de non-retour très dommageable, un personnage aussi bien construit et interprété avec brio par Aidan Gillen aurait mérité mieux, et restait un solide prétendant au trône.

Rentrons à présent dans le vif du sujet : la saison huit

L’ultime saison fut attendue pendant deux longues années durant lesquelles nous avons spéculé sur qui remporterait le trône entre Cersei, Daenerys et Jon et plus largement sur la victoire ou la défaite des dangereux White Walkers.. Et nous avons eu des réponses, quoiqu’on puisse leur reprocher et nous avons eu quelques bons moments à savourer.

Pour commencer, notons que les trois premiers épisodes de la saison ont été globalement appréciés par le public : le deuxième, A Knight of the Seven Kingdoms, était même vraiment bon, proposant des dialogues dignes des premières saisons et des scènes poignantes, en premier lieu l’adoubement de Brienne par Jaime, tout cela dans une ambiance pré fin du monde. Même l’épisode The Long Night est de bonne fracture : onze semaines de tournage entièrement de la nuit et le froid pour un effet de réalisme exacerbé, une sensation d’apocalypse de plus en plus marquée au fur et à mesure de l’épisode, et des changements de rythme qui rajoutent de la tension ( la scène d’Arya dans la bibliothèque est digne des films d’horreur). En fait, le défaut principal de cet épisode reste la fin : le trépas du Night King arrive trop rapidement, mais même là, le fait qu’il meurt de la main d’Arya et non de Jon reste agréablement surprenant. La scène en soit reste cool, avec une bande son qui souligne parfaitement la tension. Le seul problème étant que nous mettons toute cette conclusion en miroir avec l’ensemble de la série : nous ne pouvons nier que les mort-vivants ont été bien trop teasé pendant dix ans pour disparaitre comme ça.. À nous de faire la part des choses.

C’est à partir de la deuxième partie de la saison que le bât blesse. Le public a finit par lâcher dès le quatrième épisode : The Last of The Starks, le premier de la série a passer en dessous de la barre de 6/10, un triste record qui sera dépassé à peine deux semaines plus tard. Cet épisode était pourtant nécessaire pour faire la transition entre les deux arcs importants : Winterfell et King’s Landing. Ne faites pas les innocents, nous avons eu notre lot « d’épisodes de transition » dans les saisons précédentes. Durant celui-ci, nous avons vu les différents déclencheurs de la folie de Daenerys prendre forme : son rejet par Jon Snow, la mort de Rhaegal (avec des balistes qui visent à la perfection) et la mort de Missandei, sur ces derniers mots : Dracarys. Il n’en fallait pas plus pour pousser la Mère des Dragons dans ses derniers retranchements. Ce qu’elle fit dès le suivant.

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Kinda too late
Le début des embrouilles

The Bells nous montre la destruction de la capitale par Drogon, chevauché par une Daenerys en furie. Une fois de plus, il manquait de temps d’écran pour rendre ce changement plus crédible, mais l’idée était là, et était brillante : la libératrice, par ailleurs souvent en proie aux accès de violence, devenu la tyran. Ajouté à cela un Cleganbowl honorable, des images parfaites, un flot d’émotion à voir ces images de guerre, et nous avons un épisode qui n’a pas à rougir. Le seul défaut serait la fin de Jaime et Cersei, qui méritaient une mort plus inattendue, comme Jaime qui tuera sa sœur par exemple, et plus largement, le peu de temps à l’écran de Lena Headey (qui fut payé des millions pour ne pas faire grand chose, c’est ce qui s’appelle « réussir dans la vie »).

Cela nous mène donc à l’épisode final, The Iron Throne, celui qui a la pire note de toute l’histoire de la série : 4,3. Même pour IMDB, c’est vraiment très très peu. Derrière ce chiffre assassin se cache en réalité tout un spectre d’avis qui ne sont pas centrés seulement sur l’item en lui-même : vous trouverez des avis négatifs sur la saison dans son ensemble, sur la fin qui ne satisfait pas les spectateurs, sur une colère couplée à la tristesse sur la fait que la série (celui-là est accordé) … En réalité, ce serie final dispose lui aussi de plusieurs atouts : certains plans sont magnifiques – Daenerys et ses ailes, son discours et la mise en scène qui rappellent les heures sombres du nazisme .. – et les acteurs nous prouvent une dernière fois leur talent. En effet, Emilia Clarke met franchement mal à l’aise tant elle interprète bien la folie, Peter Dinklage nous offre un dernier grand discours, même Kit Harington, qui fut avouons-le absent de cette saison, finit par camper celui qu’il fut au début de la série : un simple membre de la Night’s Watch. Jon qui tue Daenerys, même si c’était convenu, reste un beau final pour la Chanson de Glace et de Feu. Arya qui devient pirate et Sansa reine du Nord sont aussi de bons épilogues pour les deux sœurs, tout comme Bran qui devient roi. L’idée se défend, vu qu’il est au-delà des desseins des hommes et que Jon, l’héritier légitime, le dernier des Targaryen, ne veut pas la place (peu importe l’histoire avec Grey Worm).

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Les producteurs le 22 mai au matin

Savourons ce que nous avons et tournons nous vers l’avenir

Alors oui, la saison va trop vite, car David Benioff et D. B. Weiss sont pressés d’aller réaliser leur saga Star Wars pour Disney, alors même que HBO était prêt à allonger la monnaie, cela couplé à une absence de livres que nous attendons depuis trop longtemps déjà. Les incohérences et oublis sont nombreux, quelques questions restent en suspens (vous trouverez la liste de tout cela ailleurs sur le net) et nous ne retrouvons plus le style qui a fait que Game of Thrones a accroché au plus grand nombre. Nous avons tout de même passé un bon moment à regarder ces derniers six épisodes, et puis qui sait ? Nous ne sommes pas à l’abri d’une neuvième saison dans quelques années, cela s’est déjà vu (Arrested Development qui revient tous les cinq ans à l’antenne). Pour tout vous dire, il va même y avoir un film Breaking Bad.

Sachez enfin que des spin-off sont prévus, le premier sera centré sur la Longue Nuit et la première victoire des hommes contre les White Walkers, la diffusion étant prévue pour 2021. Ceci dit, tout ça c’est bien beau, mais nous sommes désespérément en attente de Winds of Winter depuis 2011. Heureusement, il y a Fire and Blood, ce préquel au style historique centré sur l’avènement des Targaryen, pour patienter, tandis que pour HBO, le futur repose sur Westworld, dont les trailer de la troisième saison – avec Aaron Paul – viennent de sortir.

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