La Casa de Papel saison 3 : réussir à faire du neuf avec du vieux

La célèbre série espagnole centrée sur le braquage du siècle a rempilé pour une troisième saison. Alors, y avait il encore quelque chose à raconter ?

Devant le succès majeur et inattendu des premières saisons de La Casa de Papel, Netflix a été obligé de rempiler pour une suite. Cela ne vous a sûrement pas échappé, mais l’œuvre a tellement marché auprès du grand public que des pubs ont été affichées partout dans votre ville. Cela pouvait être hasardeux vu que techniquement, l’histoire originale été arrivée à son terme : les braqueurs avait réussi leur mission, et s’étaient enfuis richissimes de la Maison de la Monnaie de Madrid, non sans y avoir laissé des plumes. Mais alors que raconter de plus ? Nous allons voir cela ici.

Pour le résumé des saisons précédents, vous pouvez aller lire notre article sur le sujet. Il est fortement conseillé d’avoir vu la saison avant de vous lancer dans l’article (avouez vous avez passé votre samedi à ça de toute façon).

 

Alors, ils vont nous prendre pour des imbéciles ?

Comme le dévoile le trailer, la bande se réunit de nouveau, laissant de côté leurs vies de rêves afin de rempiler pour un nouveau braquage, celui de la banque nationale d’Espagne. Pourquoi ? Pour deux raisons : afin d’avoir un moyen de pression pour exiger la libération de Rio, qui s’est fait avoir car trop imprudent, mais aussi parce que le Professeur voulait réaliser le rêve de son défunt frère Berlin, qui a pensé à ce braquage des années avant sa mort.

Au début nous étions tout de même mitigés, et nous avions peur que la série connaisse le même écueil que Prison Break à l’époque : une première saison magistrale, car novatrice dans son scénario et surtout entièrement écrite, mais qui a dû continuer suite au succès engendré et qui s’est effondrée à ce moment là. Que raconter de plus alors que le problème initial a été résolu ? Les protagonistes s’étaient évadés de la prison et les scénaristes n’avaient pas prévu plus loin. Ils ont donc fait ce qu’ils savaient faire : faire revenir les personnages en prison et les faire s’évader de nouveau. Moyen comme idée. C’est exactement ce qu’on choisit de faire les scénaristes de La Casa de Papel : puisque ça a marché une fois pourquoi pas deux ?

Same KultureMania
Vrai ou pas ?

Une histoire qui s’enrichit

Le pire était donc à craindre, mais vous savez quoi ? Le désastre a été évité ! Cette troisième saison s’inscrit pleinement dans la continuité des premières, mais arrive à s’en détacher au fur et à mesure. En effet, la carte nostalgique a été jouée à fond : les plans sont les mêmes, les décors quasi identiques pour des scènes qui le sont tout autant (les cours du Professeur, la Banque qui ressemblent fortement à la Maison de la Monnaie..), évidemment les personnages reviennent, même ceux qui n’ont pas de raisons d’être là, les costumes de Dali, les histoires de cœurs avec leurs hauts et leurs bas, tout y est. Il est vrai que lors du visionnage des premières épisodes, nous nous sommes dit « mais attends c’est de l’arnaque? ». Et bien nous avions tord : tout cela va bien au-delà.

Les scénaristes ont su faire en sorte que l’idée de ce braquage ne sorte pas de nulle part, et nous abreuvent de flash-back mettant en scène le Professeur en compagnie de son défunt frère Berlin (l’occasion de le revoir à l’écran du coup), ainsi qu’avec Palerme, un nouveau personnage qui était l’amant de ce dernier et qui prendra le rôle de leader sur place. Pour autant, cette opération sera plus dangereuse que la première, car la Banque Nationale est une véritable forteresse remplies de pièges, et surtout, ce n’est pas le plan du Professeur. Il ne fait que portait l’héritage de son frère, ce qui engendra bien des problèmes quand au manque de préparation. Déjà les embûches furent nombreuses la première fois alors que l’opération était mûrement réfléchie alors imaginez maintenant !

Cette fois-ci, notre équipe sera aidée par la population, qui voit en elle un symbole de résistance au système (la série a fait connaître l’hymne Bella Ciao au grand public) et des Robins des Bois des temps modernes. Pour ma part, et je fais une parenthèse à la première personne ici, à chaque fois que je regarde La Casa de Papel, j’ai envie de devenir résistant et de vivre une vie plus excitante. Cependant, la réalité me rattrape toujours assez vite… Bref, les braqueurs sont donc devenus connus, et la faveur de l’opinion publique sera un des enjeux des batailles menées entre eux et la police. En face du Professeur, aidé dans ses plans par Raquel, devenue Lisbonne, il y a deux inspecteurs de police détestables mais pourtant brillants, ce qui donne lieu à des jeux d’esprits passionnants et très bien ficelés. Les coups dignes d’une parti d’échec s’enchainent et nous sommes souvent impressionnés, ce qui est l’un des avantages de cette série. Sans le Professeur et ses talents, elle serait sans doute moins bien appréciée aujourd’hui.

Plus malin que prévu KultureMania
Malin !

 

Nous en voulons toujours plus !

Tous les personnages des premières saisons sont de nouveau de la partie, ce qui permet de partir sur des bases solides, connues des spectateurs que nous sommes, promptes à être trop vite perdus. Les scénaristes ont brillamment réussis à replacer tout le casting original, à l’aide quelque fois de retournements de situations un peu tirés par les cheveux (Arturito notamment vous verrez), accompagnés de quelques nouveaux, répondant aux doux noms de Palerme donc, Marseille (et non pas Paris héhé) et Bogotá. Ceux-ci sont bien introduits, surtout Palerme qui bénéficie des flash-back avec Berlin. Les anciens personnages ont gagné en profondeur, leurs psychologies avancent, tout comme leurs relations entre eux. Les jeux d’acteurs, propices aux drames et donc à une grande palette d’émotions, sont magistrales (Tokyo reste plutôt détestable, ce qui prouve qu’elle est bien interprétée, non ?).

Le problème principale de cette troisième saison de La Casa de Papel, si nous devions en citer un, est que tout s’enchaine trop vite, seulement huit épisodes. Seulement huit ! À peine visionnée, déjà terminée. Cette impression s’accentue encore grâce (ou à cause ?) du rythme effréné : il se passe tellement d’actions et de retournements de situation, de tension et de drames que les épisodes ont l’impression de durer à peine cinq minutes ! Peut-être les scénaristes manquaient d’idées ? Peut-être ne voulaient-ils pas faire trainer en longueur et condenser le scénario pour nous en mettre plein les yeux ? (spoil : c’est réussi). Toujours est-il que nous sommes de fait en manque, d’autant plus que la saison finie évidemment sur un cliffhanger. Nous attendons donc la quatrième, déjà officialisée, avec impatience !

 

i cant wait basketball wives GIF by VH1
Plus vite !

 

4 réflexions sur « La Casa de Papel saison 3 : réussir à faire du neuf avec du vieux »

  1. Je suis totalement d’accord avec toi! Lorsque j’ai appris pour cette nouvelle saison, j’ai eu peur que ce serait un copier/coller juste parce que la série marche bien… J’ai donc évité de regarder la bande annonce pour ne pas avoir de mauvais a priori et… au final j’ai été très agréablement surprise. Super saison et elle est à peine terminée qu’on en attend déjà la suite!

    Aimé par 1 personne

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s