Stranger Things saison 3 : toujours pas à la hauteur de la première..

Le phénomène rétro est revenu pour une troisième saison, décidément cet été est bien rempli, chanceux que nous sommes ! Que vaut donc ce nouveau chapitre de Stranger Things ?

Après deux longues années d’absence, Stranger Things est enfin revenu sur nos écrans. Nous avions laissé nos protagonistes heureux et vainqueurs, même si des braves étaient tombés au combat (Bob on t’oublie pas). Le Mind Flayer avait été repoussé définitivement du cerveau de Will, tandis que le portail vers l’Upside Down avait été fermé grâce aux pouvoirs d’Eleven. La vie a pu ainsi reprendre son cours normal à Hawkins. C’était cependant sans compter sur la partie du Mind Flayer qui était resté de notre côté après que le portail eut été fermé, ce fragment qui a empoisonné la vie de Will durant tout le long de la seconde saison. C’est ainsi cette petite partie d’ombre qui va causer problème dans cette troisième saison de Stranger Things.

 

C’est reparti pour un tour !

Mais alors, vous demandez-vous, si le portail est fermé, le Mind Flayer ne peut plus interagir avec notre réalité, alors quel est le fuck ? Et bien, la faille est tout simplement rouverte dans ces nouveaux épisodes (pourquoi chercher midi à quatorze heure). Nous ne vous dirons pas par qui et pourquoi faire mais cela aura du sens dans le contexte dans lequel se place la série. De fait, l’entité peut ainsi reprendre la connexion avec la partie de son essence laissée à Hawkins, et s’en servir pour, disons, foutre le bordel. Souvenez vous de l’ultime et impressionnante scène de la seconde saison : le Mind Flayer observant l’école depuis son monde des ténèbres, prêt à prendre sa revanche. Notre bande va donc devoir se réunir de nouveaux pour repousser les ténèbres hors du monde humain.

Nous commençons par suivre les personnages séparés en plusieurs groupes, en proie à des problèmes bien plus terre à terre que des batailles contre des monstres hideux et avides de conquêtes. Les enfants de la bande, Eleven, Mike, Will, Dustin, Lucas et Max, ont grandi et sont devenus des adolescents ayant leurs propres soucis, essentiellement amoureux. Nancy, Steve et Jonathan affrontent le dur monde du travail, surtout Nancy qui doit faire face au comportement misogyne de ses supérieurs (et oui déjà -et surtout- à l’époque). Joyce et Hopper, quand à eux, ont le moral en berne, et ce pour des raisons différentes.

Le changement des rapports entre cette bande d’enfants devenus ados est aussi une difficile étape, les aspirations commençant à se diversifier, et ils devront apprendre à gérer toutes ces nouvelles émotions. Les prémices de la vie de couple commencent à apparaître sérieusement pour la plupart d’entre eux, désormais bien plus intéressés par l’autre sexe que par les parties de Donjons et Dragons (même si c’est évidemment mieux), excepté pour Will, toujours en mode bros before hoes. Ce dernier ne reste pas intéressé par les filles, et sera donc mis de côté une nouvelle fois, mais pour des raisons différentes qu’auparavant. C’est sur ce terreau qu’apparaissent les nouvelles menaces.

Stranger Things KultureMania
Jamais tranquille

 

Une angoisse moins présente

La forme que prend l’antagoniste est plus spectaculaire mais aussi moins angoissante, et jamais les personnages ne semblent réellement en danger, que ce soit à cause du Mind Flayer ou des ennemis secondaires qui font clichés (de manière voulue ou non, nous n’arrivons pas à nous décider). Cette fois-ci, de nombreux habitants de la ville sont touchés par cette nouvelle menace, là où à seuls les personnages principaux avaient conscience de la menace les années précédentes. Ainsi, le rapport s’est inversé : se posant dorénavant en héros, les personnages de Stranger Things iront au devant du danger pour repousser cette nouvelle menace.

Nous ne vous en dévoilerons pas plus sur l’intrigue, mais sachez tout de même que le scénario de cette troisième saison n’égale toujours pas celui de la première. En effet, l’histoire prend vraiment du temps à démarrer, et il ne se passe rien de concret par rapport à l’Upside Down pendant une bonne partie de la saison. Le ton a changé et l’humour prend le pas sur l’angoisse et le drame. Cela reste plaisant à regarder, mais la tension que nous pouvons ressentir devant l’écran s’en trouve amoindrie. Chaque action qui se déroule en parallèle nous est montré, si bien que nous ne pouvons plus utiliser notre imagination et nous faire notre propre idée de la menace. Ce qui faisait la force la première saison, c’était vraiment cette quête pour retrouver Will, les personnages nageaient dans le flou le plus total et nous aussi. Nous découvrions alors l’Upside Down en même temps qu’eux. Le Demogorgon était à peine montré et nous le voyions que dans les derniers épisodes. Ici, nous avons toutes les cartes en mains directement. Certains arcs sont plus intéressants que d’autres, souvent sauvés par le jeu des acteurs et la profondeur des personnages (l’arc Steve/ Dustin par exemple), et les rares moments vraiment haletants sont ceux où le danger confronte directement le gang (big up à la scène de l’hôpital). Les climax sont aussi parfois mal gérés, ce qui gâche le rythme de certaines scènes de tension, nous pensons par exemple à la chanson entre Dustin et sa chérie en plein milieu de la confrontation finale. C’était drôle, attendrissant et tout mais bon ce n’était peut-être pas le bon moment.

WTF KultureMania
Toi devant la chanson finale

 

Les eighties pleins les mirettes

Les années 80’s et leur style particulier sont fidèlement reproduits à l’écran, avec des références à la pop culture en veux tu en voilà, et surtout à l’un des films iconiques de cette période et accessoirement un des meilleurs films de tous les temps : Retour vers le Futur. Comme souvent, la bande-son est géniale, dans le plus pur style synthwave, un genre popularisé par Kavinsky avec sa chanson Nightcall à l’époque de Drive, et dont Stranger Things poursuit la généralisation.  Les décors, les looks, les façons de parler et de vivre, nous vivons un véritable retour dans le temps, ce qui est d’autant plus facilité par la présence d’un mall, ce qui nous apporte beaucoup d’informations d’un seul coup. Ce temple du capitalisme vient d’arriver dans la ville auparavant simple de Hawkins, nous sans bouleverser ses habitants. Après tout, Stephen King, a écrit Bazaar à l’époque en partant de la constatation suivante :

Il m’est apparu que dans les années 1980, tout s’est trouvé avec une étiquette de prix dessus. Les dernières choses en vente ont été l’honneur, l’intégrité, le respect de soi-même et l’innocence… J’ai décidé de transformer les années 1980 en un magasin de curiosités d’une petite ville appelé « Des choses indispensables » et voir ce qui allait arriver.

Il est intéressant d’évoquer cet aspect car Stranger Things est en réalité une série qui a grandement recours aux placements de produits plus ou moins dissimulés. Nous nous rappelons des gaufres Eggo dans la première saison, une marque jusqu’alors inconnue en dehors de l’Amérique du Nord. Cette saison fait ici le beau jeu de Coca-Cola (contre placement de produit : Coca c’est dégueulasse et pas bon pour la santé). La firme en a même profité pour ressortir le New Coke, une recette qui a fait fureur en 1985. Les américains sont de toute façon moins frileux que nous sur ce genre de pratique : certains placements de produits sont d’ailleurs devenus célèbres dans le milieu du 7ème Art (Pepsi dans World War Z, Convers dans I.Robot…).

Capitalisme KultureMania
The American Dream

De belles et longues carrières à l’horizon

L’une des forces de Stranger Things est sans conteste ses personnages attachants et ses acteurs talentueux. Aucune fausse note de la part des adolescents, tous promis à une grande carrière au cinéma. Le seul en deçà serait éventuellement Finn Wolfhard, qui joue Mike et qui a perdu sa place de personnage principal, pourtant bon dans It, et Millie Bobby Brown, ici notre chère Eleven, qui ne semble pas à l’aise avec toutes les émotions (ou alors est ce le personnage ?). Noah Schnapp, aka Will et Gaten Matarazzo, ici Dustin, sont dores et déjà des acteurs de grand talent, tout comme Priah Ferguson qui joue la sœur de Lucas et qui est impressionnante malgré son jeune âge. Retenez bien tous ces noms car nous allons les voir durant le reste de nos vies sur les écrans.  Joe Keery, l’interprète de Steve, est vraiment toujours aussi cool, et Dacre Montgomery, qui campe Billy, joue si bien qu’il est facile de le détester. La bande des adultes est aussi bien fun, accompagnée de dialogues en russe qui nous plonge vraiment dans l’univers grâce à Murray et Alexei. David Harbour a subit une transformation pour camper de nouveau Jim Hopper, et a des scènes quand  même hilarantes, comme quand il joue son rôle de père auprès de Eleven désormais adolescente. Winona Ryder quand à elle reste un des personnages centrales de la série et nous montre une façade du deuil digne et profonde. La force infinie de son personnage de Joyce transparait dans on jeu.

Doctor Who KultureMania
On espère qu’ils s’en sont pas encore là

En conclusion, une saison qui est bien, juste bien, mais sans grand intérêt. Cela reste plaisant à regarder, mais il semblerait que Stranger Things soit devenu un produit. Comme si Netflix avait fait une nouvelle saison histoire de dire de réaliser une nouvelle saison, avec un plan de charge à suivre à la lettre, sachant évidemment à l’avance que ça allait marcher. Bien dommage pour une œuvre qui avait démarré sur les chapeaux de roue. À voir ce que donnera la quatrième saison, déjà officialisée.

 

 

 

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