Once Upon A Time In … Hollywood : un simple documentaire sur les sixties dorées ?

Neuvième film de Quentin Tarantino, Once Upon A Time In … Holywood se veut être un hommage, et une réécriture, des années soixante de la côte Ouest américaine. Ce métrage de trois heures a-t-il pu nous tenir en haleine ?

Quentin Tarantino, l’un des réalisateurs les plus connus de sa génération, signe avec Once Upon A Time In … Hollywood son neuvième film. À travers ce long (très long) métrage, Tarantino a réussi le tour de force de réunir les deux acteurs talentueux que sont Leonardo DiCaprio (jouant la star sur le déclin Rick Dalton) et Brad Pitt (son cascadeur et ami Cliff Booth). Il avait déjà travaillé avec eux par le passé : avec Brad Pitt dans Inglorious Basterds et avec Leonardo DiCaprio dans Django Unchained. Ces deux acteurs légendaires sont ainsi réunis à l’écran (ils avaient participé ensemble à un court métrage de Martin Scorsese mais n’avaient pas eu de scènes en commun), et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils volent la vedette. En effet, volontairement ou non de la part du réalisateur, le reste du casting est effacé et est réduit à de la figuration. Les caméos des potes de Tarantino (Kurt Russell, Al Pacino ou encore Michael Madsen) s’enchaînent, et même Margot Robbie, qui interprète la défunte Sharon Tate, peine à trouver sa place. Sa présence dans le film ne sert qu’à ancrer le récit dans le réel, en le raccordant avec son destin tragique pour créer de la tension.

Au travers des destins de ses deux personnages centraux, et dans une moindre mesure celui de Sharon Tate donc, Once Upon A Time In … Hollywood nous offre une version idéalisée et nostalgique de ce que fut la côte Ouest américaine durant les années soixante, et plus particulièrement de l’industrie alors florissante ( ce qui était déjà le cas il y a un demi-siècle) de Hollywood. Sur beaucoup d’aspects, le long-métrage fait office de documentaire : il apparaît rapidement que les histoires de nos personnages font office de prétexte pour nous montrer cette période plutôt que de moteur au déroulé du scénario. Néanmoins, à travers les déboire de Rick, nous pouvons apprécier toute l’étendue du talent de DiCaprio. Jouant plusieurs rôles dans ce film, il doit adopter plusieurs facettes, plusieurs postures, tout en devant rendre crédible son personnage lorsqu’il se prépare pour les scènes. Tout cela, il le réussit avec brio, DiCaprio étant depuis toujours une valeur sûre. Brad Pitt dispose d’un rôle moins conséquent et moins varié, et globalement, il se contente de faire du Brad Pitt, comme à son habitude : sérieux et inébranlable. Néanmoins, il le fait avec justesse, comme à son habitude.

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Pour sûr

Once Upon A Time In … Hollywood à la bonne idée de mêler événements réels et événements fictifs, faisant évoluer les faits à sa guise. Comme vous le savez peut-être, Sharon Tate a été assassinée le 9 août 1969 par des membres de La Famille de Charles Manson, il y a donc cinquante ans tout pile au moment où nous écrivons ces lignes. La voir à l’écran, rayonnante et souriante, est un bel hommage de la part de Tarantino, d’autant plus que nous avons droit à des vraies scènes de ses films. Seule les dernières du film impliquerons cet événement, pour un passage jouissif et qui rappelle les plus grands moments de Quentin Tarantino. Le scénario s’évertuera à proposer plusieurs histoires différentes, mais n’est pas à l’abris de plusieurs longueurs : les scènes de far-west de Rick, par exemple, ne nous ont pas transcendé, et seul le talent de DiCaprio y apporte un quelconque intérêt. Les américains sont peut-être encore intéressés par cette époque, mais ce n’est plus cas depuis bien longtemps ailleurs (à part ceux de Tarantino, d’ailleurs). Outre celui à Sharon Tate, notons un autre hommage, involontaire celui-ci, avec la présence de Luke Perry, idole des années 1990 et décédé en mars 2019.

L’année 1969 est mise à l’honneur, point d’orgue de la culture hippie et du flower power : août 1969 sera le mois du mythique festival Woodstock. De nombreuses figures emblématiques de cette époque apparaissent dans le film : Bruce Lee, Steve McQueen, Roman Polanski… Outre une représentation fidèle des looks et décors, le film nous présente la transformation de l’industrie du cinéma qui s’opéra alors à travers les déboires de Rick Dalton. Star d’une série télévisée western des années 50, l’acteur peine à continuer sa carrière et à percer au cinéma. La faute aux changements de mentalité : les personnages masculins et héroïques ne font plus recettes auprès des nouvelles générations, surtout en cette époque de guerre du Vietnam. À présent cantonné aux rôles de méchants, Rick devra donner un nouveau souffle à sa carrière en se tournant vers un genre qui marchera du feu de dieu dans les années 70 : les western spaghetti. Ce concept relancera le genre du western aux Etats-Unis. L’année 1968 verra la sortie de Il était une fois dans l’Ouest, un classique du genre et du 7ème Art. Son cascadeur attitré Cliff suivra les mêmes aléas de carrière, son récit dans Once Upon A Time In … Hollywood n’aura d’ailleurs pas grand chose à voir le monde du cinéma.

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Les sixties, une décennie pleine de rêves !

En résumé, un film sympathique, qu’il est pourtant difficile de placer dans la filmographie de Tarantino, tant le style ne lui ressemble pas. Le long-métrage est surtout sauvé par le talent de réalisateur et par un scénario réfléchi, mais n’est pas forcément mémorable. Ce qui est dommage pour une oeuvre qui est sensée être l’avant dernière de son créateur. Et oui, Tarantino a toujours dit qu’il s’arrêterait à dix films.

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