Zombieland Double Tap : une comédie fun mais oubliable.

Une décennie plus tard, les quatre tueurs de zombies sont de retour dans une comédie déjantée. Ça vaut le coup ?

Après s’être rencontrés dans le premier opus, Tallahassee, Wichita, Colombus et Little Rock ont passé dix ans à parcourir les terres hostiles de Zombieland. À présent devenus une famille, des brèches commencent à fissurer l’unité : le synopsis de Zombieland Double Tap (traduit sobrement par Retour à Zombieland en français, ce qui gâche le clin d’œil..) tourne largement sur la recherche de Little Rock, partie faire sa vie ailleurs, couplé à une lutte contre des zombies plus dangereux que jamais.

Disons le directement, ce scénario est seulement un prétexte pour réaliser un road trip movie comique. Les vannes tournent autour des dialogues entre des personnalités atypiques, et notamment sur la figure de Alison, la greluche de service. Le développement des personnages est quasiment inexistant, hormis la relation entre Wichita et Colombus. Même la prise d’indépendance personnelle de Little Rock, pourtant moteur du film, est relégué assez vite en arrière plan. Si on accepte cet état de fait, le film reste un bon divertissement, malgré quelques longueurs (le dialogue entre Colombus et son alter ego par exemple). Les zombies sont finalement au cœur de l’enjeu et ne sont pas un simple prétexte (coucou The Walking Dead) : de nouvelles formes de mutations sont apparues, dont les plus avancées donnent un résultat plutôt effrayant.

Zombieland Double Tap assume le fait d’être une comédie : les situations ne sont pas crédibles, les personnages étant protégés par la « plot armor ». En effet, dans le contexte d’une apocalypse zombie, nombre d’entre eux se seraient déjà fait dévorer. Encore que pour notre bande de survivants nous pouvons comprendre, mais pour les hippies ou Madison.. Cette dernière est par ailleurs plutôt drôle dans sa crédulité, et sa présence complexifie la relation entre Colombus et Wichita, mais elle devient cependant assez rapidement énervante. Ça surjoue à mort, ce qui est dommage, car l’idée est bonne.

La mise en scène reprend les codes du premier qui avaient fait en partie son originalité : la voix off de Colombus qui s’adresse aux spectateurs, ses fameuses règles affichées en toutes lettres à l’écran par exemple, et bien sûr, la scène d’introduction sur fond de Metallica (Master of Puppets ce coup-ci, For whom the Bells Toll dans le premier opus). Zombieland Double Tap étant un film de geek, il y a une foule de références à la culture pop : Simpsons, Terminator (les nouveaux zombies dangereux sont nommés T-800 par les personnages) etc. Un cameo mystère fait son apparition à la fin du film, par un acteur qui est une icône en soi !

Woody Harrelson (vu dans True Detective) est au top de sa forme et porte quasiment le film, tandis que Jesse Heisenberg (The Social Network) a vraiment trouvé un rôle qui lui sied. Il est aussi cool de retrouver Emma Stone (présente dans Birdman, un film à voir) dans un film léger, elle qui a orienté sa carrière vers des drames et des films d’auteurs. Abigael Breslin (exceptionnelle dans Little Miss Sunshine) pourtant une actrice talentueuse depuis son enfance, est malheureusement sous exploitée. Avouons le, Zoey Deutch (Vampire Academy) est efficace dans son rôle de Madison. La galerie de personnage s’étoffe avec la présence de Rosario Dawson (qui récemment est apparu dans les séries Marvel de Netflix telles que Daredevil ou Luke Cage) et Luke Wilson (personnage principal du classique Idiocracy).