Hommage à Gladiator : retour sur le plus grand péplum de tous les temps

Gladiator de Ridley Scott est sorti en 2000 (avant YouTube dis toi), et est devenu rapidement un succès commercial et critique ainsi qu’un film culte. Le chef-d’œuvre a remporté pas moins de cinq Oscars en 2001 ! Étant le film préféré de l’auteur de ses lignes, il était nécessaire d’en écrire quelques lignes – forcément biaisées – même si tout a déjà été dit depuis pratiquement deux décennies maintenant. Nous avons eu la chance de pouvoir le revoir sur grand écran, et nous sommes forcés d’avouer que le film n’a pas pris une ride ! L’idée de ce film est intimement lié à son réalisateur Ridley Scott, qui avait alors envie à l’époque de travailler sur un péplum, ce genre se déroulant dans l’Antiquité et tombé en désuétude depuis les années 1960.

Un récit shakespearien

L’histoire vous la connaissez sans doute : le général romain Maximus devenu gladiateur, affrontera l’empereur Commodus, usurpateur du trône de Rome, afin de satisfaire sa vengeance. Ce dernier a en effet tué son père Marcus Aurelius, et, devant le refus d’allégeance de Maximus, tentera de l’assassiner et mettra à mort la famille de ce dernier. Survivant, Maximus devra donc trouver son chemin jusqu’à Rome – chemin qui s’avérera sanglant – pour faire payer son ennemi. Outre des scènes de combats et de batailles épiques, le film proposera une dimension de complots politiques, se faisant s’affronter les partisans de l’empereur et ceux qui veulent le voir chuter. Ce genre de complots étaient monnaies courantes dans l’Empire Romain, surtout dans ses dernières années au Vème siècle, et ce qui a fait en partie la mythologie de cette époque dans l’imaginaire collectif contemporain. La richesse du scénario, oscillant entre mélancolie, appuies sur des valeurs telles que la force, l’honneur ou la solidarité, et un rapport à la mort mystique suffit à nous combler. Des scènes par ailleurs dures nous font passer par toutes une palette d’émotion, signe d’une grande œuvre. Les dialogues sont percutants et marquants, et nous nous retrouvons pendus aux lèvres des personnages. Certaines répliques, véritables punchlines, sont en effet devenus cultes, et c’est toujours un réel plaisir de les entendre.

Des qualités à foison

Plusieurs qualités sont à porter au film : citons en premier lieu la bande originale composée par Hans Zimmer himself. Celle-ci s’adapte très bien aux différentes ambiances : tantôt mélancolique, tantôt contemplatif et évidemment, brutale et épique quand il le faut. Les morceaux « Barbarian Horde » ou encore « Now we are free » font à présent partis, à juste titre, des classiques de la légende cinématographique.  Difficile de parler de Gladiator sans évoquer ses combats, soutenues donc par des musiques adéquates. La chorégraphie des duels, la déroulement de sa bataille initiale entre les Romains et les Germains, l’aspect grandiose du cadre de telles représentations ne peuvent nous laisser de marbre. Nous nous rappelons tous de l’usage des tigres et de la reconstitution du Colisée lui-même. L’idée même d’un combat contre un rhinocéros avait même été envisagé ! Une idée abandonné car ce pachyderme est difficilement domptable. Enfin, le long-métrage a dû user de CGI pour replacer la visage de Oliver Reed, l’interprète de Proximo, mort pendant le tournage (le film lui est d’ailleurs dédié). Une technologie de plus en plus utilisée aujourd’hui, notamment dans Rogue One : A Star Wars Story ou les Marvel, mais qui était encore balbutiante à la fin des années 1990.

Porté par un duo d’acteurs sans lequel le film ne serait pas ce qu’il est aujourd’hui, Gladiator doit beaucoup à Russel Crowe et Joaquin Phoenix. Le rôle de Maximus avait été proposé initialement à Mel Gibson, mais revint ainsi à cet artiste peu connu du grand public alors qu’est Russel Crowe. L’acteur s’est impliqué dans le scénario et la construction de son personnage, quitte à imposer ses choix : il critiqua les dialogues, notamment celle où Maximus dévoile son identité à Commodus (pourtant la réplique la plus emblématique du film), mais choisit de les assumer no matter what. Il a su donner une consistance à ce gladiateur, et gagna l’Oscar du Meilleur Acteur en 2001 pour cela. Commodus fut brillamment interprété par Joaquin Phoenix, qui devient rapidement un antagoniste que l’on déteste. Son impressionnante performance d’acteur a inspiré Jake Gleeson pour son interprétation de Joffrey Baratheon dans Game of Thrones, avec le résultat éloquent que l’on connaît. Les deux acteurs ont à présent des carrières à la qualité différente : les années 2010 ont été en demi teinte pour Crowe, alors qu’elles ont vu Phoenix être amené au firmament, notamment après son excellent travail dans Her, Inherent Vice, et bien évidemment Joker. Il serait étonnant de ne pas le voir gagner l’Oscar du Meilleur Acteur cette fois-ci. Citons enfin que Gladiator est l’un des dernier films de Richard Harris, qui joue ici Marcus Aurelius, et qui fut le Dumbledore de notre enfance.

Ainsi fut la naissance du « Gladiator Effect »

Gladiator a relancé par la suite le genre du péplum pour quelques années par la suite, ce qui fut nommé à l’époque le « Gladiator Effect » par le New York Times : s’en est suivi des films tels que Troie en 2004, Alexandre de Oliver Stone en 2006 ou encore 300 de Zack Snyder, qui fut là encore un succès lors de sa sortie toujours en 2006, basé sur le roman graphique de Frank Miller. L’idée de faire une suite à Gladiator, que ce soit un prequel ou un sequel, est apparue dès 2001 (normal au vue des millions engendrés par le premier opus). L’idée est à présent plus envisagée que jamais à Hollywood, et Ridley Scott lui-même commence à s’y intéresser sérieusement. Ce « Gladiator 2″ serait centré sur Lucius Verus, le fils de Lucilla, dont l’acteur original Spencer Treat Clark (le gars a juste la même tête qu’alors, il a juste grandi, c’est assez fou) est revenu sur le devant de la scène avec Glass de M. Night Shyamalan en 2019. Le scénariste est passé par les phases les plus improbables : avec des histoires de Maximus qui ressuscite et qui se lutte contre l’influence chrétienne, puis qui devient immortel et finit par se retrouver au Pentagone (si si c’est vrai). À voir ce que l’avenir nous réserve (svp Hollywood, ne gâche pas la légende).

Bref, revoyez le vite, vous allez passer un bon moment, promis!

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