Oldies – Malcolm in the Middle : pourquoi c’était bien ?

Le 9 janvier 2000, débarquait sur le réseau FOX Malcolm in the Middle (sobrement nommé Malcolm dans les pays francophones), cette série que nous regardions entre midi et deux sur M6 quand nous rentrions manger du collège ou du lycée, durant cette époque bénie où tout était plus simple. Et oui, Malcolm c’est notre Madeleine de Proust collective à nous tous, ceux de la Gen Y.

Le générique « Boss of Me » de They Might Be Giants, dont nous nous rappelons tous

 

Au cas où, de quoi ça parle ?

Pour ceux qui ne connaissent pas ou qui n’ont pas revu depuis longtemps, de quoi ça parle Malcolm ? Et bien il s’agit du quotidien fantasque d’une famille d’une classe moyenne pauvre des États-Unis, composée de quatre fils, puis cinq, Francis, Reese, Malcom le personnage principal, Dewey et plus tard Jamie, surveillés tant bien que mal par leurs parents Loïs et Hal. Le point de départ est que Malcolm apprend qu’il est surdoué et qu’il possède un QI de 165. Sachant que la moyenne mondiale est de 100 et qu’au delà de 145 c’est extrêmement rare, on appréciera la performance. 

Le fait que la série se centre autour d’une famille relativement modeste, les « White Trash » (dédicace à toi Eminem) dénote d’une certaine prise de risque. La première série, du moins la plus connue, qui tournait autour de cette classe sociale c’était Marié, deux enfants, avant elle, la télévision ne présentait que des personnages issus de la classe moyenne, et on était déjà alors à l’aube des années 1990. Malcolm surfe donc sur ce genre, comme l’ont fait des séries comme les Simpsons (novatrice sur ce point là également), My Name is Earl ou encore Arrested Development. Cela a été un bon moyen de ramener des téléspectateurs qui se sentaient alors plus proches de ces personnages. En face, nous avions, et avons toujours, des séries qui montrent des personnages vivants aisément, comme dans Friends ou dans How I Met Your Mother. C’est aussi pour ça que Malcolm est restée culte, et semble intemporelle : nous nous sentons proches de ce qui nous ressemble, les situations sont réalistes et non sublimées.

 

C’était novateur !

Malcolm fait preuve de génie dans sa construction, alors que ce fut pensé pour n’être qu’une simple sitcom sans prétention :  jusqu’à quatre intrigues parallèles ont lieu par épisode, intrigues qui s’appuient souvent sur des personnages évoluant en duo ou en trio. Rendez-vous compte, il fallait créer la situation initiale, dérouler les péripéties et conclure en seulement vingt minutes, et ce, au moins trois fois ! Bien sûr, il y a toujours une aventure qui fait office de fil conducteur, supportées par des histoires secondaires qui sont plutôt présentes pour les gags. Un rôle souvent attribué à celles mettant en scène Francis, puis par le reste des enfants dans les dernières saisons. En effet, ce sont les parents qui vont peu à peu devenir les personnages centraux, une évolution particulièrement visible avec Hal, qui n’était qu’un personnage secondaire lors des tous premiers épisodes.

L’œuvre utilise des effets spéciaux, ce qui est rare pour une sitcom, même si ceux-ci sont plutôt cheap, cela rajoute de l’audace et de la folie, avec tout de même quelques coups d’éclat (le fameux passage dans le désert avec le Commodo 3000 par exemple). Par ailleurs, l’humour, visuel et contextuel plutôt qu’éloquent, fait souvent mouche : les facéties de Dewey, les crimes de Reese, les mimiques de Hal… Il y en a pour tous les goûts. Nous avons aussi une leçon philosophique sous-jacente : celle de l’importance du karma. Et oui, à chaque fois, les mauvaises actions sont punies et les bonnes sont récompensées. Nous pouvons deviner dès le début qui va gagner les éventuels conflits, car ce sont les vertueux qui sont récompensés. Dans le même ordre d’idée, nous avons à l’écran un famille qui reste unie dans l’adversité et dont les membres tiennent les uns aux autres, même si ils ne le montrent pas (et la famille, vous savez, c’est important).

Par ailleurs, le quatrième mur est régulièrement brisé : Malcolm se retourne souvent vers la caméra pour nous raconter ce qu’il pense. Ce procédé démontre là encore une certaine prise de risque, car il était moins courant que de nos jours. Enfin, la bande-son est riche et sent bon les années 1990 avec par exemple des morceaux de Queen, Eagle-Eye Cherry ou encore Sum 41, accompagnant des scènes emblématiques.

 

À deux doigts de la perfection

Quelques bémols toutefois :  la série tourne trop autour des protagonistes principaux, et les personnages secondaires et lieux différents sont finalement trop rares. La disparition du personnage de Francis aussi, sans explication concrète, à partir de la saison six : le personnage ne fera plus que treize épisodes lors des deux dernières saisons, ce qui était bien dommage. Par ailleurs, la série était difficile à trouver pour les honnêtes citoyens que nous sommes. La sortie des coffrets DVD a été bloquée pendant des années à cause des questions de droits musicaux : la FOX n’avait acquis que les droits pour la diffusion télévisuelle, et non pour la commercialisation. Aux États-Unis, seule la première saison est disponible et l’affaire est à priori toujours au point mort. Dommage pour une série autant imaginative.

Mais que sont-ils devenus ?

Malcolm in the Middle a été créée par Linwood Boomer. Elle met en scène Frankie Muniz dans le rôle titre (l’acteur a depuis subi de multiples mini-AVC par ailleurs…), Justin Berfield pour Reese, devenu producteur, Christopher Kennedy Materson pour Francis, devenu DJ, scientologue, et dont la demi-sœur joue dans The Walking Dead et le frère dans That ’70s Show, et Erik Per Sullivan dans le rôle de Dewey. Côté parents, Loïs est joué par Jane Kaczmarek, et Hal interprété, évidemment, par Bryan Cranston, revu dans Breaking Bad, le seul qui a vraiment surfé sur la célébrité de la série. D’ailleurs, pour l’anecdote, Aaron Paul, qui joue Jessie dans Breaking Bad et personnage central de El Camino, avait auditionné à l’époque pour jouer Francis.

Pour conclure, une vidéo hommage postée par Malcolm-France, le site référence pour tout ce qui tourne autour de la série. Et oui, toujours en activité plus de douze ans après la fin !

 

Des rumeurs récurrentes affirment sans cesse, qu’un film aura lieu. L’épisode final se suffisait magistralement à lui-même et reste une des meilleures fins de série encore à ce jour, à côté de Scrubs, donc cela ne semble pas forcément utile. Cela nous semble improbable, mais enfin, on ne sait jamais !

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