Sonic, le film : une adaptation correcte d’une grande saga vidéoludique !

Nous le savons, les films tirés de jeux vidéos sont rarement une réussite (avec parfois quelques exceptions notables comme Pokémon : Détective Pikachu ou Warcraft : Le Commencement), et sont mêmes plutôt des navets. Un écueil qui a été évité avec surprise pour la majeure partie de Sonic the Hedgehog (nullement intitulé Sonic, le film en version française).

Les 90’s, une drôle d’époque

Les années 90 étaient une période sans foi ni loi à bien des égards, les navets télévisuels et auditifs étaient alors innombrables. Lors de cette décennie, Sega et Nintendo, deux firmes de jeux vidéos japonaises, s’affrontaient par consoles interposées. Chacune des deux firmes avait alors sa mascotte : Nintendo eut Mario dès 1985, tandis que Sega possédait Alex Kidd. Ce dernier était perçu comme trop ressemblant à Mario. Sega décida donc de lancer une nouvelle mascotte : Sonic naquit donc en 1991. Le hérisson bleu était cool et faisait jeu égal avec le plombier, jusqu’au tournant des années 2000 où la Dreamcast se fit enterrer par la Playstation 2, là où Nintendo sut tenir le choc avec sa Nintendo 64. Sega arrêta alors la production de consoles en 2001. Sonic disparut donc des radars, et dut squatter les jeux du plombier pour exister. Avec Sonic the Hedgehog, le hérisson bleu obtient sa revanche ! Et oui, comme dit Perceval, la vengeance est un plat qui se mange sans sauce. Contrairement à la mascotte de Nintendo, Sonic a eu droit ici à une adaptation correcte, qui respecte la saga et le personnage. Le pauvre Mario a eu en effet le droit à un mauvais film en 1993, Super Mario Bros., avec Bob Hoskins et Dennis Hopper. Le long-métrage a été un incroyable échec (mais à sa défense, il s’agissait du tout premier film tiré d’un jeu vidéo) et Mario n’a plus eu le droit à sa chance au cinéma depuis. Néanmoins, le personnage est au top dans les jeux depuis plus de trente ans, et reste un solide argument de vente. Sonic quand à lui à surtout des jeux réalisés par des fans, avec une qualité inégale, mais est plus propice à une adaptation explosif sur grand écran.

Sonic est vraiment cool

Le long métrage nous présente ce hérisson bleu que nous connaissons tous, isolé sur Terre. Possédant la capacité de parcourir l’univers de monde en monde, Sonic s’est réfugié sur notre bonne vieille planète pour échapper à ceux qui en veulent à ses incroyables talents. Après avoir vécu plusieurs années caché près d’une petit ville du Montana, Green Hills (le nom du premier niveau du jeu), il finit par se faire remarquer. Le Docteur Robotnik est mandaté par le gouvernement pour attraper le hérisson, mais son ambition prend le pas sur sa mission et devient l’archennemie de Sonic que nous connaissons tous. Le film nous emmène dans un road-movie en compagnie de son pote Tom. Ensemble, ils créeront des liens, ce qui permettra à Sonic de s’accepter en tant que tel, tout en déjouant les pièges de Robotnik.

Sonic the Hedgehog est propice aux effets de vitesse et de dynamisme, pour une réalisation bien portée. Sonic court, brille et arbore une attitude cool, avec design réussi. Un mot sur le physique d’ailleurs : celui-ci fut amélioré après un retour de flamme des fans, pour un design plus proche de celui des jeux (cela était-il juste un coup marketing prévu en amont, non ne le saurons pas). Le héros est convaincant et humain, malheureusement, l’ayant vu en VF, nous ne pouvons juger du travail vocal de Ben Schwartz (vu dans Parks and Recreation). Le long-métrage est porté par James Marsden ( X-Men, Westworld), le policier Tom Wachowski, et Jim Carrey (The Mask, Yes Man…) en tant qu’Ivo « Eggman » Robotnik. James Madsen joue bien, même si il aurait été peut-être plus intéressant de voir un enfant en tant que compagnon de Sonic, mais son personnage est quelque peu insipide, l’accent étant évidemment mis sur Sonic. Jim Carrey en revanche… n’a pas pu s’empêcher de faire du Jim Carrey. Nous ne voyons pas le Doctor Robotnik mais juste Carrey, ce qui nous sort du film. Cela dit, il a un jeu d’acteur professionnel, et sans nul doute qu’il pourra plaire à d’autres spectateurs.

Sonic the Hedgehog est un vrai hommage aux jeux vidéos, avec des clins d’œils nombreux à la saga. Une œuvre sympa à regarder, qui plaira aux petits et aux grands, même pour ceux qui ne sont pas familiers avec les jeux vidéos. Le succès est par ailleurs au rendez-vous, le film ayant fait le meilleur démarrage pour un film tiré de jeu vidéo de tous les temps aux États-Unis. Encore mieux : la scène post-générique nous laisse présager d’une suite encore plus intéressante !