Peaky Blinders saison 5 : Tommy Shelby a-t-il enfin un ennemi à sa mesure ?

Peaky Blinders, œuvre maintes fois acclamée et plébiscitée, est revenue pour une cinquième saison. Après avoir brillamment vaincu la mafia italienne, Tommy Shelby, toujours torturé, rencontre cette fois-ci un rival à sa hauteur, dans cette cinquième saison sorti en 2019 et disponible notamment sur Netflix.

 

Ce moment où le monde sombre

Rappelez vous, à la fin de la quatrième saison, les Shelby sont acculés par les italiens et leur leader Luca Changretta. Tommy arrive finalement à le mettre hors d’état de nuire en s’alliant au plus puissant des alliés que l’on pouvait espéré en 1925 : le grand Al Capone. Tommy est par la suite devenu un lord influent et respecté à Londres, détenteur de la confiance de Churchill himself. Une belle ascension pour cet ex-soldat accro à l’opium !

Alors que les Shelby n’ont plus de rivaux directs, la situation se dégrade en 1929 : le crash boursier a lieu, et Michael, n’ayant pas suivi les directives de Tommy, n’a pas vendu les actions à temps. La Shelby Limited Company a donc perdu un sacré paquet d’oseille. Pour se renflouer, les membres décident de se lancer dans le juteux commerce d’opium. Commerce dans lequel ils vont se retrouver opposés aux Billy Boys, un gang écossais qui cherche à étendre son territoire (et qui croit par ailleurs aux idées fascistes en vogue).

Nous retrouvons ici le schéma propre à Peaky Blinders : un nouveau rival pointe son museau et c’est à Tommy d’organiser ses troupes pour décrocher la victoire. Cette fois-ci pourtant, en plus de ce nouvel antagoniste, les Shelby vont devoir affronter quelque chose de plus puissant : un idéologie.

 

Une saison historiquement intéressante

Et oui, et celle-ci aura un visage : Oswald Mosley, lord fasciste qui s’intéresse à Tommy, et qui est en plus soutenu par les Billy Boys. La saison cinq tourne principalement autour de Tommy et de sa rivalité avec Oswald, et dans une moindre mesure, avec Michael, qui cherche à étendre sa vision aux fonctionnements du clan. Les autres membres de la famille sont en retrait, et notamment les femmes : Ada et Polly n’ont pas vraiment de scénarios ce coup ci, la première est reléguée à son rôle d’amante, la deuxième à son rôle de mère. Dommage pour des personnages aussi badass… Arthur reste tout de même important à l’intrigue (comme le dit Tommy « My brother and I are the same person ») et Finn, le plus jeune de la fratrie, prend enfin du galon, marchant dans les pas de son regretté frère John.

Le fait d’avoir introduit un rival à la hauteur de Tommy en terme d’ambition et de matière grise, apporte une réelle fraicheur à l’œuvre. Ici, il ne s’agit plus de gagner la partie dans le monde criminelle, mais de remporter une victoire sur le champ politique, un univers autrement plus complexe. Tommy a assez connaissance du danger que représente Oswald, et décide d’agir pour la « bonne cause » afin de modifier la marche de l’histoire, avec le soutien de Churchill. À première vue, le leader des Shelby est le seul à pouvoir empêcher l’Angleterre de tomber dans le fascisme.

Cette cinquième saison de Peaky Blinders  a ainsi de bonnes idées, mais souffre de certains défauts vu notamment dans la troisième avec l’arc des princesses russes : des longueurs peu utiles, qui parfois cassent le rythme et nous font sortir du récit. De même, il s’agit de la première saison à se finir réellement sur un cliffhanger, ce qui est toujours frustrant.

 

Une atmosphère toujours au poil

Dans l’ensemble, les membres du clan Shelby jouent toujours aussi bien, Cillian Murphy (vu dans Dunkerque depuis) et Paul Anderson (vu dans le très nul Robin Hood de 2018) en tête. Finn Cole (qui sera à l’affiche de Fast and Furious 9..) qui interprète Michael Gray, a un grand potentiel en tant qu’acteur, et est très crédible en tant qu’opposant à Tommy. Sam Claffin (Hunger Games, Pirates des Caraïbes 4..), dans le rôle de Oswald, est la véritable révélation de cette saison. Ses discours aux accents hitlériens sont réellement convaincants. Enfin, le retour de Tom Hardy (Venom, Taboo) en Alfie Solomons est bienvenu quoiqu’assez peu convaincant.

L’ambiance particulière de Peaky Blinders, sa marque de fabrique, est toujours au rendez-vous, avec par exemple ces fameuses « marches au ralentie », qui sont toujours aussi classe visuellement, même si le procédé commence à être usé connu et reconnu. L’exactitude historique est de mise : l’atmosphère anxiogène de l’Angleterre de la fin des années vingt a été reconstruite avec précision et exactitude, le choc boursier de 1929, le fascisme qu’il a engendré, sont angoissants à souhait. De plus, Oswald Mosley a vraiment existé : il fut en effet le fondateur du parti fasciste britannique en 1932. L’histoire nous apprendra que le bougre est mort en 1980. Tommy changera-t-il le cours de l’histoire ? Nous avons hâte de la savoir ! De même, c’est une bonne idée d’avoir instauré l’opium dans le récit, la production de cette drogue étant en plein boum dans les années trente.

Rappelons que Peaky Blinders a été prévu par son créateur Steven Knight pour durer sept saisons, cette cinquième enclenchant l’arc final, qui se conclura au début de la Seconde Guerre Mondiale.

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