Dossier part I – The Witcher 3: Wild Hunt. Un monument du jeu vidéo !

Ça y est. Après toutes ces années d’attente et d’impatience, nous avons enfin terminé The Witcher 3 : Wild Hunt et ses extensions que sont Hearts of Stone et Blood and Wine. Nous l’avions commencé il y a de cela un an et, 130 heures et quelques plus tard, la tâche est accomplie. Parlons-en donc une bonne fois pour toute, d’autant que la saga reste d’actualité avec la sortie fin 2019 de la série éponyme sur Netflix (en plus du fait qu’elle est toujours autant plébiscitée). Ce dossier sera divisé en trois parties, une pour chaque pan du jeu : le socle et les deux extensions.

 

La fable de l’œuvre polonaise inconnue qui devient un phénomène

Commençons par le début. Les origines de The Witcher (Le Sorceleur dans nos contrées) commencent en 1986 par une nouvelle de fantasy de l’auteur polonais Andrzej Sapkowski, nouvelle qui sera suivie par un recueil en bonne et due forme en 1993. Nous y suivons les aventures de Geralt de Riv, un mutant qui officie comme « sorceleur », c’est à dire comme chasseur de monstres. Les livres se sont ensuite enchainés tout au long des années 1990 (nous en parlerons dans un article dédié). La saga ayant eu un certain succès en Pologne (avec une série et un film réalisés nommés The Hexer), elle a été adaptée en jeux vidéo par un studio polonais, à savoir CD Projekt Red. The Witcher 1 est sorti en 2007, et beaucoup à l’époque, l’auteur en premier lieu, n’espérait pas que la saga devienne ce qu’elle est aujourd’hui.

En effet, The Witcher n’était seulement connu qu’en Pologne, et les livres n’avaient même pas été traduits en anglais jusqu’en 2008. Andrzej Sapkowski a alors vendu les droits d’adaptation de sa licence pour 9500 dollars, et refusa même la proposition de royalties tant il n’y croyait pas. De son propre aveu, les jeux vidéo ne l’intéressaient pas et il laissa le studio faire comme bon lui semblait, même inventer de nouvelles histoires dans son univers. Pour lui, les aventures de Geralt s’étaient terminées en 1997, date de sortie du dernier livre La Tour de l’Hirondelle.

The Witcher 1 a été bien reçu par la critique, et a été une grande claque pour l’époque, surtout pour un studio polonais débutant et inconnu. L’opus n’a pas super bien vieilli surtout en termes de graphisme et de gameplay (le système de combat est tout de même peu adapté) mais le scénario et la bande-son restent efficaces. Cet opus fut suivi en 2011 par The Witcher 2: Assassins of Kings (en concurrence directe avec Skyrim cette année là), là encore acclamé par la critique, et fut une belle montée en puissance des prouesses du studio. CD Projekt Red était fin prêt pour lancer une bombe dans l’univers vidéoludique.

Ce fut donc en l’an de grâce 2015 (cinq ans déjà !) que sortit The Witcher 3: Wild Hunt sur PC, Playstation 4 et Xbox One, puis sur Switch en octobre 2019. Ce fut alors l’acclamation totale de la part de la communauté de joueurs, et l’opus est encore considéré comme l’un des plus grands jeux de l’histoire.

Witcher Kaer Morhen KultureMania
Kaer Morhen, l’antique citadelle des sorceleurs de l’École du Loup

 

Retrouver Ciri, l’enfant de Sang Ancien

Dans ce troisième opus, vous retrouvez Geralt après les éléments du second volet. Vous apprenez par Yennefer (sa chérie) que l’Empereur du Nilfgaard, la nation conquérante du moment, souhaite vous voir. Arrivé devant lui, cet ombrageux personnage vous donne pour mission de retrouver sa fille, Ciri, un objectif qui concorde avec ceux de Geralt. Ciri est un personnage central de la saga du Sorceleur : à la fois fille adoptive de Geralt, fille naturelle de l’Empereur et sorceleuse, elle est aussi issue d’une lignée elfique disparue. Ce « Sang Ancien » qui coule dans ses veines lui permet de contrôler l’espace et le temps et donc de voyager entre les dimensions. À cause de cette capacité, elle est poursuivie par la Chasse Sauvage, antagoniste de The Witcher 3: Wild Hunt. Ce groupe est une bande d’elfes, mené par Eredin, qui cherche à passer entre les mondes afin de les asservir. Le jeu se passe après les histoires relatées dans les livres, dont il tire une grande partie de sa contenance. Les plus fans d’entre nous auront le plaisir de revoir une ribambelle de personnages connus au cours de nos pérégrinations, ainsi que d’avoir de réguliers clins d’œil aux événements passés. Pas de panique toutefois si vous êtes complétements novices en histoire spé Witcher, le jeu de CD Projekt Red se suffit amplement à lui-même. L’univers peut être découvert au fur et à mesure des dialogues, mais aussi des livres disséminés partout dans le monde.

Le scénario vous fait parcourir une grande partie des Royaumes du Nord – Novigrad, Velen, Oxenfurt – mais aussi les îles Skellige, en passant par la forteresse de Kaer Morhen. Les différentes zones sont de tailles inégales – Velen et Skellige étant tout bonnement immenses – mais possèdent toutes leurs lots de secrets et de quêtes ainsi que d' »easter eggs » internes à la saga ou renvoyant à d’autres œuvres de la culture populaire (Doctor Who, Le Seigneur des Anneaux voire même Asterix…). Chaque quête secondaire est travaillée et recèle sa propre histoire, nous emmenant dans un voyage unique à chaque fois, dont l’issue arrive toujours à nous surprendre : une maison prétendument hantée, par exemple, renferme en fait dans ses sous-sols un élémentaire de terre emprisonné, d’où les tremblements incessants. Vous aurez des contrats de sorceleur à réaliser en échange de monnaies sonnantes et trébuchantes, des trésors à trouver, des nids de monstres à détruire et des dizaines de points d’intérêts à investiguer. Par ailleurs, des activités annexes sont disponibles, en premier lieu le Gwent, jeu de carte qui a donné lieu à un jeu à part entière, mais aussi les courses de chevaux ou les tournois de bagarre. Pour les plus fripons d’entre vous, il est aussi possible d’avoir des interactions poussées et visuelles avec la gente féminine.

Witcher 3 météo KultureMania
Les effets météos sont stupéfiants

 

Le seul mauvais choix est l’absence de choix

Le jeu nous apporte souvent la possibilité de faire des choix, aux conséquences parfois funestes. Nous sommes donc vraiment acteur de l’histoire : il existe ainsi plusieurs fins à The Witcher 3: Wild Hunt suivant les décisions prises pendant l’aventure. Certaines sont heureuses, d’autres sont sombres au possible. Celles-ci sont détaillées sur internet, mais sachez que souvent, les choix les plus empathiques seront récompensés. Rappelons que l’univers est dur et réaliste, les issues sont donc souvent douce-amer au mieux. L’univers évolue en fonction de vos choix et de vos actions, ce qui est toujours agréable.

Le système de combat est nerveux, quoique quelque peu rigide (Geralt ne peut par exemple plus sauter ou enjamber les obstacles dès lors qu’il est en mode attaque). Pour vaincre vos adversaires, il vous faudra utiliser tout ce que le jeu a à vous proposer, c’est à dire alterner coups d’épée, sorts et bombes. Le jeu peut vous opposer des difficultés, chaque ennemi doit être préparé à l’avance, grâce au bestiaire intégré qui révèle les faiblesses de chaque créature, en utilisant les bonnes huiles pour vos armes et les bonnes potions, tandis que la météo ou l’heure de la journée pourront influer sur la force de vos adversaires. L’esquive sera souvent le maître mot (ce qui peut être répétitif toutefois) : Geralt reste sensible aux mandales de cyclope et autre griffes de loup-garous. Il manque toutefois de la cohérence entre la puissance des ennemis : par exemple, à niveau équivalent, le boss final est moins dur à défaire qu’un spectre. Pourquoi deux épées au fait ? C’est bien simple : celle en acier est pour les humains et autres non-humains (elfes, nains etc.) et celle en argent est pour les monstres !

Les graphismes sont tout à fait splendides pour un opus sorti en 2015, et restent actuels cinq ans plus tard. Les effets de lumière et de météo apportent du dynamisme à l’environnement et nous en prenons plein les mirettes. Les intérieurs sont extrêmement bien détaillés : il est clair que les équipes de CD Projekt ont effectivement réalisé tous les objets à la main. Les villes nous apparaissent vivantes, avec des quartiers et des habitants qui varient selon l’endroit. Les visages des personnages secondaires manquent toutefois de finition, se ressemblent souvent, et nous voyons bien la différence avec les protagonistes principaux.

La bande-son de The Witcher 3: Wild Hunt est de qualité, comme celle de tout bon RPG qui se respecte, s’adaptant aux lieux et aux situations (les vrais joueurs se souviennent du fameux « Lelelelele » en combat). Tantôt onirique, tantôt épique, la musique est accompagnée d’effets de nature qui rendent l’atmosphère encore plus réaliste. Notons que celle-ci fut écrite par le compositeur polonais Marcin Przybyłowicz, accompagné par l’Orchestre Symphonique de Brandebourg en Allemagne. Le doublage anglophone n’a pas vraiment de fausses notes, hormis pour les enfants qui sonnent parfois faux. Pour avoir testé les deux, nous devons avouer que le doublage français est dans l’ensemble une catastrophe, comme souvent hélas.

Witcher 3 Skellige KultureMania
L’immensité des îles Skellige …

 

Rien n’est parfait sauf Gladiator

L’œuvre n’est toutefois pas exempte de défauts. Ceux-ci sont surtout centrés autour du gameplay, parfois lourd et peu maniable, ainsi qu’autour de quelques incohérences rageantes. Par exemple, les chevauchées à cheval sont peu pratiques (Ablette étant tout de même un pétrolier), si bien que souvent il vaut mieux partir à pied et sprinter tout droit. Nous pouvons citer aussi la plongée peu précise ou le fait que Geralt peut mourir d’une chute de trois mètres, sans compter le nombre de fois où nous avons allumés des chandelles (une fonction gadget du jeu) par mégarde au lieu de faire l’action que nous voulions. De même, notre personnage ne peut pas vraiment interagir avec le monde qui l’entoure, notamment avec les passants, qui font parties du décor. Nous nous plaisons à dire que The Witcher 3 couplé au moteur physique (et aux graphismes aussi soyons fou) de Red Dead Redemption 2 aurait fait le plus grand chef d’œuvre de tous les temps – le futur Cyberpunk 2077 peut-être ? – .

The Witcher 3: Wild Hunt s’est vendu à 20 millions de copies en date de juin 2019, une performance qui fut dopée début 2020 par la série Netflix, avec des hausses de vente dépassant les 500%. Le futur de CD Projekt à présent passera par le très attendu (euphémisme) Cyberpunk 2077 – avec Keanu Reeves en gest-star svp – prévu pour le 17 septembre 2020, ainsi qu’un nouveau jeu estampillé The Witcher par la suite. Il ne s’agira cependant a priori pas d’une nouvelle aventure de Geralt. En attendant, vous pouvez toujours patienter sur Gwent, qui vient de sortir sur Android en ce mois de mars 2020.

 

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