Years and Years : la ruine d’une famille à cause de la ruine de la société

Une fois de plus, nous nous rendons compte que nos amis d’Outre-Manche sont particulièrement doués en création de séries originales. Years and Years, mini-série sortie en 2019, fait partie de celles-ci. Évidemment, l’article est garanti no spoil !

 

Contemple et réfléchis

Nous suivons donc la famille Lyons pour une durée de quinze ans. La série commence le 14 mai 2019 et s’achève en 2034. Cette famille en apparence unie n’a rien d’exceptionnel, avec ses joies et ses déboires du quotidien. À travers cette avancée dans le temps, Years and Years nous fait vivre les différentes crises inhérentes à nos sociétés modernes, en nous présentant un fantastique effet domino. En effet, comme par exemple pour la crise des subprimes de 2008 aux États-Unis, les événements les plus énormes et lointains finissent par avoir des conséquences très concrètes sur le quotidien des gens. L’œuvre présente surtout la montée des extrêmes, via le personnage de Vivienne Rook, un genre de Marine Le Pen, ainsi que leurs conséquences (Brexit, rejet de la différence, autoritarisme…). D’autres sujets sont abordés comme les conséquences d’un crash boursier, l’utilisation du nucléaire, l’uberisation ou les dérives de la technologie et plus particulièrement du transhumanisme, avec en prime quelques catastrophes naturelles.

L’idée de l’avancée dans le temps nous permet de voir les conséquences à long terme de tels événements, afin de nous permettre de prendre du recul. Évidemment, un tel flash-forward est purement spéculatif – personne n’est médium -, mais reste probable. Years and Years, par ses jeux d’acteurs efficaces et par les liens tissés entre les personnages, arrive à nous accrocher et à nous faire prendre les protagonistes en empathie. Une fascination quelque peu morbide nous assaille, tout comme lors du visionnage de Black Mirror, une série avec laquelle les points communs sont nombreux (l’idée d’un futur angoissant etc.), et nous devons parfois lutter pour ne pas détourner le regard.

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Penses-y

Un casting british de qualité

Years and Years a été créée et écrite par Russel T. Davies, celui à qui nous devons le retour de Doctor Who sur les écrans en 2005, après seize ans de pause (et un téléfilm en 1996). Le monsieur fut d’ailleurs le show-runner des quatre premières saisons de la nouvelle mouture de cette série de science-fiction la plus vieille du monde. Les saisons parues sous son règne sont les meilleures encore aujourd’hui (et nous assumons cette prise de position !). Pour l’anecdote, Davies avait l’histoire de Years and Years en tête depuis plus de vingt ans, bien avant le Brexit donc !

Par ailleurs, la bande originale de la série est signée Murray Gold qui a aussi géré celle de Doctor Who pendant les dix premières saisons (avec notamment l’excellent morceau « I am the Doctor »). Nous le devons un morceau final magistral, qui emphase parfaitement les dernières scènes de la série. Côté casting, nous avons une ribambelle d’acteurs talentueux : en premier lieu Emma Thompson (Love Actually, Harry Potter) dans le rôle de la terrifiante Vivienne Rook (qui toutefois aurait pu l’être plus), mais les interprètes des membres de la famille Lyons : Rory Kinnear (Penny Dreadful, Black Mirror), Russell Tovey (Quantico, Sherlock, Doctor Who oui encore), Jessica Stevenson (pote de Simon Pegg dans Spaced et Shaun of the Dead, Doctor Who (décidément)), ou encore Anne Reid (Hot Fuzz, Shameless, Doctor Who (c’est bon on a compris c’est une étape de passage au Royaume-Uni)) prennent leurs rôles à cœur. D’autres interprétations sont moins convaincantes, notamment celle de Maxim Baldry, qui, selon la rumeur, aura le rôle principal de la série du Seigneur des Anneaux d’Amazon Prime (ah et il a joué dans Doctor Who aussi évidemment), mais qui ici a l’air de s’en foutre. L’homme semble ne pas être totalement dénué de talent, et est plutôt BG, mais vu ce qui s’annonce pour lui, on l’a à l’œil !

Tom Hiddleston Tea GIF
Juste un british de qualité pour le plaisir des mirettes

 

En conclusion, une mini-série de qualité, avec six épisodes qui s’enchainent de manière naturelle et qui nous renvoie le monde en pleine figure. S’inscrivant dans le plus pur style de la dystopie, Years and Years est une bonne idée pour nous faire prendre du recul, et nous pousser à faire les bons choix. Les protagonistes ne se laissent pas faire, que ce soit par la parole ou les actes, et il est grisant de les voir relever la tête. À nous de faire pareil !

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