La casa de papel saison 4 : une même formule pour un résultat surprenant.

Après une troisième saison qui, contre toutes attentes, ne dénaturait pas les saisons d’origines, la quatrième saison de La casa de Papel, sortie le 3 avril 2020 sur Netflix, met un point final à ce nouveau braquage. De manière réussie ? Attention, ça va spoiler !

Retour en enfer

Comme à l’accoutumée, cette nouvelle partie de La Casa de papel reprend là où la précédente s’était achevée. Notre chère Nairobi se trouve alors entre la vie et la mort, tandis que le Professeur se trouve aux abois dans les bois (rime gratuite), pensant que Raquel s’est faite descendre. Étant un beau gosse, le Professeur arrivera à reprendre le contrôle de la situation, mais le gang n’est alors pas au bout de ses surprises.
Cette fois-ci, le gang aura affaire à un ennemi personnifié à l’intérieur même de l’établissement. Une bonne idée pour relancer la machine, car jusqu’à présent, les ennemis des braqueurs à l’intérieur des établissements étaient les braqueurs eux-mêmes, comme Berlin ou Palerme (et ce bon à rien d’Arturito, mais bon..). À cause de Palerme, César, le chef de la sécurité et ancien membre des forces spéciales, se retrouvera libre et causera des ravages dans le gang. Le personnage, parfois habillé en ninja (!), est tout de même effrayant, avec ses yeux froids, son sadisme et ses talents. Impossible de parler de lui sans évoquer Nairobi. Sa mort a été un choc, et sans aucun doute la plus cruelle de toute la série ! Nous aurions pu nous y attendre vu que l’épisode de sa mort tournait autour d’elle et de ses envies, mais d’habitude, ce ne sont pas des personnages aussi jeunes et importants qui décèdent dans La casa de papel ! Nairobi qui avait un futur, qui allait avoir un enfant, qui avait retrouvée l’amour en la personne de Bogota… Quelle fin tragique. Évidemment, son sort pèsera sur le reste de la saison, et donnera de nouvelles forces à l’équipe. Enfin, Alicia Serra, la nouvelle détective, représente elle aussi un obstacle de poids pour le Professeur. Elle est cependant parfois antipathique, et nous lui préférions Raquel (Team Lisbonne!).

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La mort soudaine de Nairobi

Des personnages consistants !

Outre l’histoire principale, cette nouvelle saison de La casa de papel a une nouvelle fois recours au flash-back. Berlin est mis à l’honneur dans la majorité de ceux-ci, peut-être comme si les scénaristes regrettaient de l’avoir tué trop tôt. Nous voyons comment Berlin a aidé à préparer se plan, mais aussi ses réflexions sur l’amour, la mort et la haine : « Qu’est ce qui pèse le plus, l’amour ou la mort? ». Cela permet aussi d’introduire Marseille, Bogota et Palerme dans la mythologie de la série, en les rattachant au passé du Professeur, ce qui est une bonne idée. L’histoire de Berlin recoupe parfaitement avec celle de Palerme, leur relation est creusée, et nous apprenons enfin pourquoi le Professeur a choisi finalement de s’attaquer à l’Hôtel de la Monnaie plutôt qu’à la Banque Royale d’Espagne : Palerme, à l’origine du plan, n’était pas considéré comme fiable. Le fait d’avoir pu raccorder ce nouveau braquage aux enjeux du présent et aux attentes du passé est une excellente idée, cohérente et qui fonctionne. Outre le retour de Berlin, personnage adoré des fans, Moscou et Oslo refont eux-mêmes une apparition.

Une fois de plus, notre équipe sera aidée par la population, d’autant plus quand le Professeur dévoilera les méfaits, notamment les atteintes aux Droits de l’Homme, réalisés par la police et le gouvernement. Le Professeur, et par extension le gang, sont devenus plus que jamais un symbole du ras le bol social. La bande pourra de plus s’appuyer sur un réseau international : le professeur est à présent au sommet d’une pyramide du crime. La saison se termine par le Professeur déclarant la guerre à l’ordre établi, en l’honneur de Nairobi, assumant enfin son rôle de cerveau criminel. Ce personnage fait vraiment l’âme de la série tant il est vraiment doué. Retombant toujours sur ses pattes, ayant toujours plusieurs coups d’avance sur la police, il est vraiment un génie. Son plan pour sauver Raquel de la prison est juste magistral !

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Le Professeur tous les jours

L’univers de la série s’élargit

Une fois que nous avons accepté ce qu’était vraiment La casa de papel, quelles étaient ses codes, la série reste plaisante à regarder. Les moments tirés par les cheveux restent présents, les scénaristes ayant préférés le spectacle à la cohérence, mais cela ne dérange pas outre mesure. Nous pouvons citer les grosses fusillades sans victimes ni blessés, Arturito laissé sans surveillance tout le temps, les « impasses mexicaines » inutiles, les plans du Professeur tout de même surréalistes… Ce parti pris est comme qui dirait la marque de fabrique du show et nous l’acceptons avec joie ! La série sait toujours autant jouer avec nos nerfs, notamment en utilisant une habile gestion du temps, certaines situations se résolvant parfois à quelques secondes près ! L’utilisation de flash-forward au sein même d’un épisode arrive aussi à nous tenir en haleine.

Lors de cette quatrième partie, Netflix, entièrement aux commandes depuis la partie trois, en profite pour partager des thèmes qui lui sont chers. L’entreprise est désormais connue pour véhiculer une image progressiste de la société à travers ses œuvres. Ainsi, l’un des nouveaux personnages, Manille, est un trans, ce qui n’apporte rien à l’histoire mise à part pour le symbole, d’autant plus que l’actrice qui l’interprète n’est pas trans, ce qui gâche l’effet. Cela peut être mis en parallèle avec le traitement réservé au personnage de Nomi dans Sense8, dont l’identité de femme trans (dans la série comme en vraie d’ailleurs) faisait réellement partie de son identité.

Netflix a aussi surfé sur la vague du #MeToo. Arturito, déjà détestable, va devenir dans cette saison un harceleur sexuel, n’hésitant pas à droguer la gente féminine, ici Amanda, pour ensuite la peloter dans son sommeil. Plusieurs bémols dans cette mise en place toutefois : évidemment, aucun autre personnage qu’Arturito n’aurait pu adopter le rôle d’un « porc », cependant, rien ne laisser présager dans les saisons précédentes qu’il était maléfique à ce point. Cela tombe comme un cheveu sur la soupe. D’autant plus qu’il est déclaré coupable sans preuve par les autres otages. Nous, spectateurs, savons qu’il l’a fait, mais pas les autres protagonistes. Cela nous fait penser à l’affaire Johnny DeppAmber Heard : ce dernier a été accusé de tous les maux, à tord. La détresse d’Amanda est bien réalisé toutefois, rappelant que ce genre de comportements à évidemment un impact dévastateur sur les victimes.

La Casa De Papel Eyeroll GIF by NETFLIX
Si 2020 avait un visage

Une quatrième partie pour La casa de papel qui tient ses promesses, parfaitement reliée à la troisième partie. Pas de date pour la cinquième partie à ce jour, mais nous avons hâte ! Huit épisodes, ça passe bien trop vite !

4 commentaires sur « La casa de papel saison 4 : une même formule pour un résultat surprenant. »

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