Kingdom S2 : l’horreur coréenne au sommet !

Dans la plus pure tradition des films de zombies estampillés Corée du Sud, Kingdom, série produite par Netflix, nous plonge dans une histoire alliant horreur et complot politique. Reprenant les codes des œuvres de zombies asiatiques, Kingdom est une série qui ne manque pas de punch.

Une écriture correcte mais une représentation fidèle

Kingdom nous transporte donc au Royaume de Corée au début du XVIIème, à l’époque où celle-ci était encore unifiée et se remettait seulement d’une tentative d’invasion japonaise (les deux pays ont eu une histoire compliquée, dont les traces sont encore présentes aujourd’hui). La première saison faisait office de montée en puissance, durant laquelle nous assistions au début d’un complot politique royal et surtout aux prémices de l’invasion zombie. Cette seconde partie, sortie en mars 2020, reprend pile là où la première s’est achevée : le prince Lee Chang apprend à sa grande surprise que ce n’était pas le jour que les zombies craignaient, mais la chaleur. Les températures étant en chute libre en ce début d’hiver, les créatures se déplacent donc désormais sans peine en plein soleil. Il doit donc continuer son investigation sur les causes de ce mal, ainsi que son éventuel remède, pour sauver son peuple. Les zombies sont plus virulents que jamais, et font des ravages dans le pays. Leur design est issu du plus pur style coréen, sans filtres, avec une horreur que l’ont nous balance à la figure.

Outre ce combat contre ces créatures d’outre-tombe, Lee Chang doit récupérer ce trône qui lui revient de droit, en passe d’être subtilisé par le clan Haewon Cho. La dernière femme du roi, Cho, vient de ce clan, et, avec l’aide son père Hak-ju, tente par tous les moyens d’évincer le fils héritier du pouvoir à leurs profits. Leur plan est de placer un nouveau prince héritier sur le trône issu de leur clan. Une histoire de complot somme toute banal mais qui a le mérite d’intégrer des antagonistes bel et bien humains et de créer un enjeu supérieur à la simple chasse aux zombies. De toute manière, les intrigues politiques pour le pouvoir sont un must have depuis l’avènement de Game of Thrones. Kingdom sait aussi relâcher la pression, en proposant des personnages incarnant un reflet comique, tel que cet incapable de Cho Beom-pal.

Enfin, il faut le souligner, les créateurs de Kingdom ont pris soin d’être le plus en exactitude avec l’histoire. Les costumes, les « hanbok », que nous voyons à l’écran sont ceux correspondant à la période Joseon. Pareillement, la Corée a subit une invasion japonaise entre 1592 et 1598, et la mort du roi de l’époque, Senjo, a bel et bien engendré des troubles politiques, dus au fait que deux fils étaient en lice pour le trône. Par ailleurs, les coutumes strictes et révérencieuses sont appliquées à l’écran, et nous assistons enfin à l’arrivée des armes à feu en Asie. Si la Corée et son histoire vous intéresse, n’hésitez pas à jeter un œil au site Korean Coffee Break, une vraie mine d’or !

Il est d’accord aussi

La nouvelle ère du zombisme

Difficile de ne pas comparer les zombies de Kingdom à ceux de Dernier Train pour Busan. Ce film de zombie sortie en 2016 a été extrêmement bien accueilli et est certainement un des meilleurs films du genre de ces dernières années. Un succès tellement incontestable qu’une suite est enfin en préparation. Les deux œuvres proposent des zombies agiles et rapides, dont les premiers exemples du genre en occident se trouvent dans Dawn of the Dead puis Zombieland, des caractéristiques qui étaient auparavant réservées aux infectés, comme ceux de 28 Days Later ou du jeu Left 4 Dead. Exit ici les zombies pépères à la Walking Dead ou à la Shaun of the Dead, ceux de Kingdom éclatent tout sur leur passage ! De tels aptitudes permettent plus d’action et un rythme plus dynamique, car ceux-ci courent, grimpent et infectent rapidement. Le zombie 2.0 en somme. Ils ont pourtant quelques faiblesses, notamment le feu (qui aime se faire cramer la figure cela dit?) mais aussi l’eau. Nous apprenons la raison de cette peur dans cette seconde saison, ainsi qu’un certain nombre de choses sur cette fameuse « plante de la résurrection », l’origine du mal. Les raisons, dont nous vous laissons la joie de la découverte, sont crédibles et permettent de pousser le récit en avant. Cette seconde saison se termine bien évidemment par un cliffhanger et par un élargissement de la mythologie de la série. Pour autant, aucune troisième saison de Kingdom n’a été annoncée au moment de l’écriture de ces lignes. Netflix est le champion pour abandonner en cours de route des séries pourtant acclamées (Daredevil, Sense8, The OA ou Anne with an E), d’autant que la production de Kingdom a dépassé le budget alloué. Pour autant, les zombies, ça plait largement, donc un tel retrait semble improbable.

La seule bonne manière

Une institution en Corée

Kingdom est tiré d’un webcomic nommé The Kingdom of the Gods, scénarisée par Kim Eun-hee, qui participe aussi à l’écriture du scénario de la série. La réalisation quant à elle est confiée à Kim Seong-hun, et dont Kingdom est sans conteste sa création la plus connue et acclamée. Le rôle principale, celui du prince héritier Lee Chang, est interprété par Ju Ji-Hoon, ancien mannequin, qui nous livre ici un personnage sérieux mais malheureusement trop mono-facette, ainsi que trop « parfait ». Nous avons du mal à nous identifier à lui (même si évidemment, nous sommes de son côté). La seconde star de du casting (et seule personnage féminin d’envergure) la plus connue dans nos contrées occidentales, est bien évidemment Bae Doona, vu dans Sense8, Cloud Atlas et #JeSuisLà. Si elle joue bien, elle interprète toutefois plus ou moins le même rôle que d’habitude : elle a en effet toujours l’air tristoune. Même dans Sense8 nous ne sommes pas sûr de l’avoir vu vraiment sourire. L’antagoniste principal, le cruel Lord Cho Hak-ju est campé par Ryu Seung-ryong, qui est une machine à faire de l’argent au Pays du Matin Calme. En effet, il a joué dans les films les plus rentables du cinéma coréen contemporain, tels que The Admiral: Roaring Currents, Extrême Job ou Miracle in Cell No. 7, pourtant reçus de manière neutre par la critique. Il arrive toutefois à interpréter un ennemi que l’on apprécie de détester. Enfin, étonnamment, le personnage le plus complet est celui de Cho Beom-pal, joué par Jeon Seok-ho, vu notamment dans le remake coréen de la série américaine, The Good Wife. Outre le fait d’être amusant par sa nullité, il semble être le seul personnage à avoir vraiment peur des zombies. Qu’ils sont courageux ces coréens !

En bref, Kingdom est une série idéale pour se caler entre potes. Que vous soyez fan de zombie, d’horreur, d’Asie, de complots politiques ou encore d’œuvre historique, vous saurez l’apprécier !

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