The King of Staten Island : une œuvre semi-autobiographique pour notre coup de coeur de l’été !

Nous sommes au mois d’aout 2020, les cinémas ont finalement rouvert leurs portes après plusieurs semaines d’arrêt. La fréquentation est encore toutefois encore plutôt timide. Peur du virus ? Congés estivaux ? Pas grand chose à se mettre sous la dent sur grand écran des temps-ci ? Peut-être un mélange des trois. Quoiqu’il en soit, nous sommes allés voir The King of Staten Island après avoir entendu quelques bons retours, et le film mérite clairement que l’on en touche deux mots. Rappelons que le film a joué de malchance : la projection fut stoppée net en mars à cause du corona, et il est donc passé quasiment directement en VOD, via laquelle il a heureusement fait de beaux scores.

Une avalanche de sentiments

Le long-métrage se centre sur Scott, qui, malgré un bon fond et une certaine intelligence, est un branleur qui passe sa vie à fumer des joints avec ses potes débiles et à trainer à Staten Island. Grandement affecté par la mort en intervention de son père pompier, il ne s’en est jamais remis et en a développé plusieurs troubles psychiatriques. Le seul truc qui le botte, c’est de faire des tatouages. L’intrigue démarre au moment où son quotidien se trouve bouleversé : sa jeune sœur quitte le foyer, sa « copine » le largue et surtout, il provoque indirectement la rencontre de sa mère avec un pompier. L’arrivée de cet homme, qui lui rappelle ce père qu’il n’a que trop peu connu, le bouleverse au plus haut point et Scott commence donc à exploser. Son comportement excessif le mène jusqu’au fond du trou, et arrive un moment où il est bien obligé de prendre ses responsabilités. IL se retrouve alors à vivre et travailler avec ces pompiers qu’il a tant haï.

On regarde et on se laisse porter

The King of Staten Island est un film « tranche de vie », il n’y a pas vraiment de scénario défini, seulement des personnages à suivre et à voir évoluer. C’est pourquoi, malgré un humour omniprésent, l’œuvre est considérée comme une comédie dramatique, car ce sont ici des sujets sérieux qui sont traités : le deuil, le pardon, la recherche de sens, l’acceptation de soi et des autres… Pour autant, si le film peut émouvoir, il en reste tout de même drôle. Cela grâce aux frasques et à la dynamique de groupe de Scott et ses potes débiles en premier lieu, mais aussi les répliques qui fusent. Présenté de base comme un film dans la même veine que Superbad, The King of Staten Island est pourtant infiniment plus que cela, et à le mérite de nous faire réfléchir. En substance, peu importe les épreuves passées, il est toujours possible d’encaisser et de remonter la pente.

Une œuvre semi-autobiographique

Il est de même agréable de voir un film tourné à Staten Island. En effet, de manière général, les métrages tournés à New-York sont plutôt situés à Brooklyn ou à Manhattan. Staten Island est un lieu mis de côté, même si l’île est le centre, au moins en partie, de plusieurs films de mafias – étonnamment – tels que Donny Brasco, Les Affranchis, Mafia Blues ou Le Parrain. Ce choix de lieu n’a pas été fait au hasard :  le film est grandement inspiré de la vie de Pete Davidson, qui ici interprète Scott et qui est co-scénariste. L’artiste est né à Staten Island, et a en effet perdu son père à l’âge de sept ans. Ce dernier était un des pompiers intervenus sur les décombres du World Trade Center en septembre 2001, décédé lors de l’effondrement d’un des building. Par ailleurs, tout comme son alter-égo à l’écran, Davidson souffre de la maladie de Crohn et a longtemps fumé de la marijuana. Enfin, les tatouages qu’il arbore dans le film sont réels : il en possèdent environ quarante. Le rôle étant fait pour lui, il joue son personnage à merveille, lui apportant une grande profondeur, le rendant tantôt malaisant tantôt touchant.

Un entourage efficace

Le casting de The King of Staten Island comporte plusieurs têtes connues. Marisa Tomei (Tante May dans le Marvel Cinematic Universe : Spider-Man : Far From Home etc.), dans le rôle de Margie, mère de Scott, plutôt à la hauteur dans son rôle de mère aimante et débordée. Pour l’anecdote, les protagonistes regardent The Purge 2013 au début, tandis que Tomei a joué dans l’opus de 2018. Bill Burr (Breaking Bad), agréable à voir dans un autre rôle que celui du petit trublion, joue Ray, le nouveau beau-père. Bel Powley (en ce moment dans The Morning Show) et Steve Buscemi (Reservoir Dogs, The Big Lebowski…), qui fut par ailleurs pompier de New York au début des années 1980 et qui aida lors de cette semaine tragique en septembre 2001, sont aussi de la partie. Réalisé par Judd Apatow (réalisateur de 40 ans, toujours puceau notamment), le long-métrage propose un enchaînement de scènes fluide, qui nous empêche de nous ennuyer.

En somme, en ces temps de vaches maigres cinématographiques, The King of Staten Island est un bon choix. Dommage encore une fois de compter sur les films étrangers pour sauver notre industrie, les films français étant une fois de plus en dessous de tout… Peut-être que le très attendu film Kaamelott, qui aura déjà dû (snif) sortir, saura nous faire honneur.

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