Wild Cards : une grande saga de science-fiction par George R.R. Martin

Wild Cards est une série de science-fiction uchronique dont le premier tome est sorti en 1987. Créée sur une idée de et édité par George R. R. Martin, l’auteur à présent mondialement connu de A Song of Ice and Fire (plus connu sous le nom de Game of Thrones) et de Fire and Blood, ainsi que Melinda Snodgrass, auteur de plusieurs épisodes de Star Trek : New Generation, Wild Cards est rapidement devenu une institution aux États-Unis. Si c’est Martin qui chapeaute le tout, les nouvelles composant les romans sont écrites par différents auteurs, réunis dans un immense collectif : quarante-trois auteurs ont participé depuis le début, pour un total atteignant 28 ouvrages en juillet 2020. Quand à Martin, il s’agit pour l’anecdote du seul autre projet qu’il poursuit en plus de Game of Thrones depuis qu’il est à la bourre sur la sortie de The Winds of Winter.

Je n’écrirais plus rien tant que je n’aurais pas délivré The Winds of Winter, scénarios, nouvelles, introductions, avant-propos, rien.

Et j’ai laissé tomber tous mes projets d’éditeurs excepté Wild Cards.

A-t-il déclaré sur son blog en 2016 (déjà). Une promesse d’ailleurs non tenue puisqu’il a écrit Fire and Blood depuis.

Wild Cards, le bébé de George R.R. Martin

La genèse de cette série prend ses origines dans la volonté de Martin de créer un récit autour des personnages du jeu de rôle Superworld auquel il jouait avec ses amis, eux aussi écrivains, depuis plus de deux ans à l’époque. Le problème majeur qui survint alors était le suivant : comment mettre en place de manière cohérente le fait que chaque personnage possède des pouvoirs différents ? Ce qui était vrai dans leur jeu ne pouvait pas forcément être vrai dans une série de roman. Martin suggéra alors une source unique, pour rendre le tout cohérent, ce qui poussa Snodgrass à lancer l’idée d’un virus. C’est pour répondre à cette problématique qu’est né le virus « Wild Cards », qui donne son nom à la série.

C’est de là que vient l’aspect science fiction des romans. Le virus vient de la planète Takis, arrivé sur Terre en 1946. Il a pour effet de modifier le génome humain, et ses effets sont imprévisibles, 90% de ceux qui le contractent en meurt et 9% deviennent des « jokers », aux corps déformés ou à l’esprit altéré. Les 1% restants deviennent soit des As soit des Deuce, les premiers obtiennent des pouvoirs extraordinaires et sont de vrais super héros, les seconds obtiennent des aptitudes positives mais pas suffisamment puissants pour qu’ils deviennent des As. Le virus fut donc nommé « Wild Cards » par les personnages car on ne sait jamais à l’avance quelle carte on va tirer.

Chacun y va de son idée

Martin avait prévu à la base de démarrer son histoire en 1985, mais Howard Waldrop, le tout premier à rédiger un récit dans l’univers Wild Cards, opta pour la période de l’après-guerre. Cela fut une bonne idée car les récits ont pu s’appuyer sur des événements marquants de l’histoire américaine du XXème siècle, tels que la guerre du Vietnam, la Guerre Froide ou le Mccarthism. Il écrivit donc « Trente Minutes sur Broadway », le récit qui posera les bases de toute la mythologie Wild Cards : celui-ci se termine le 15 septembre 1946, date à laquelle le xenovirus alien se répand sur New-York, et nous présente aussi Jet Boy, figure légendaire de l’univers. Ce choix dans la date a d’ailleurs obligé certains auteurs publiant après lui à réécrire leur texte. C’est le cas notamment de Walter Jon Williams, qui écrivit « Le témoin », l’une des meilleures nouvelles de ce premier tome. Cette nouvelle arriva dans les finalistes du Nebula Award, prix qui récompense les meilleurs travaux de fantasy ou de science-fiction aux Etats-Unis, et est le seul travail issu d’une univers partagée à avoir atteint ce stade encore aujourd’hui.

Les pouvoirs des As sont bien trouvés, sans être démesurément spectaculaire, mais la meilleure idée des auteurs, c’est sans conteste les jokers. Ces pauvres hères sont pour la plupart devenus des monstres, des rebuts de la société, souvent cloitrés dans leur ville de Jokertown. Cette idée a permis une grande analyse de la condition des gens dits « différents » dans une société, ainsi qu’un vrai lâché prise des auteurs : les jokers peuvent littéralement être n’importe quoi, donc les artistes peuvent laisser libre court à leur imagination. Les difformités des jokers les ont poussée à l’isolation et à la pauvreté. Certaines difformités sont légères, comme un trompe à la place du nez, d’autres sont franchement handicapantes, comme celui qui s’est transformé en mucus humain…

Une qualité globale bonne mais inégale

De ce premier tome parlons-en d’ailleurs. L’ouvrage rassemble treize nouvelles, ainsi que des interludes. Une de ces nouvelles « Partir à point » (pas la meilleure d’ailleurs), ainsi que le prologue, la préface, la postface et lesdits interludes sont écrits de la main de Martin lui-même. Le collectif a réussi à créer un univers cohérent, s’étendant sue des décennies, les nouvelles ne se suivent pas mais font foncièrement partie du même univers. Les clins d’œils aux créations des autres artistes sont fréquentes, et des super-héros inventés par les uns font des apparitions de temps en temps dans le travail des autres. Forcément, la qualité des nouvelles est inégale, certaines étant plus captivantes que d’autres. Cela dépendra forcément des goûts de chacun, mais vous aurez plus de mal à en finir une plutôt qu’une autre. Un autre bémol à souligner, est que souvent nous n’avons pas d’idées d’où veut nous emmener l’histoire, ce qui peut être frustrant. La psychologie des personnages impliqués est en générale bien construite, dans la mesure où nous n’en suivons un ou deux en particulier par récit. Leurs doutes quand à leurs conditions, la découverte de leurs pouvoirs, le fait d’être des freaks, des marginaux, sont très bien retranscrits.

Wild Cards a depuis été adaptée en comics (forcément), romans graphiques, jeux de rôle et sera bientôt sur nos écrans. En effet, sur une coproduction Universal/ Hulu deux séries distinctes mais liées vont être mises en œuvres pour explorer l’univers Wild Cards. Les super-héros ont plus que jamais la côté depuis l’avènement du Marvel Cinematic Universe, même ceux imparfaits comme dans The Boys. George R.R. Martin ayant un contrat d’exclusivité avec HBO, suite à Game of Thrones et au futur spin-off House of the Dragon, il ne sera pas impliqué dans le projet. D’ici là, nous allons lire la suite !

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