Family Business : une série française qui n’a pas à rougir.

Dans la gamme des séries en langue étrangère produites par Netflix, nous ne pouvions pas dire que c’était la grande folie jusqu’à présent. Déjà car il n’y en a toujours pas des masses, et en plus elles se sont toutes cassées la figure (deux saisons seulement pour Marseille et une seule pour Osmosis, faute de retours favorables), à part Plan Cœur qui a été appréciée. Il s’avère pourtant que dans chaque langue, un ou deux shows arrivent à marquer le game. En portugais : 3%, en espagnol : La casa de papel (bien que ce ne soit pas de Netflix à la base), en allemand : Dark, en coréen : Kingdom… La liste est longue.

Bon ok ça parle de drogue, mais cocorico quand même

A notre tour, français, d’avoir notre heure de gloire. Family Business est une œuvre dont la deuxième saison vient de paraître sur nos écrans en ce mois de septembre 2020, et le moins que l’on puisse dire, c’est que ça tient la route. Nous suivons ici les péripéties de la famille juive Hazan, qui détient une boucherie dans le Marais qui ne marche plus très fort, et dont le fils, Joseph essaye sans succès de percer dans la vie. Ayant eu vent de la possible future légalisation du cannabis, Joseph embarque sa famille et ses amis dans la production de cette drogue, afin d’être le propriétaire du premier coffee-shop de Paris le jour J. Évidemment, le cannabis étant encore illégal et le milieu de la drogue étant dangereux, la famille Hazan se retrouve dans une aventure plus que mouvementée, pour notre plus grand plaisir !

Avant toute chose, Family Business porte le débat sur la légalisation du cannabis à l’attention du grand public. Nous ne nous prononcerons pas ici (sinon notre cher ministre de l’Intérieur ne serait pas content), mais l’idée mérite vraiment d’être posée sur la table, d’autant plus que les français sont les premiers consommateurs d’herbe en Europe. Bon, dans tous les cas, la question elle est vite répondue : la drogue c’est pas ouf, sachez-le !

Scénarisée et réalisée par Igor Gotesman, le jeune réalisateur explore donc de nouveau l’un de ses thèmes de prédilections : le cannabis. La plante avait déjà été utilisée comme moteur dans son film Five (un long métrage plutôt cool d’ailleurs, dans lequel apparait la nouvelle génération d’étoiles montantes du cinéma français comme Pierre Niney et François Civil), dans lequel il jouait également. Le réalisateur apprécie d’utiliser ce produit pour placer des gens qui ne sont pas familier avec le « milieu » dans des situations cocasses :

« Je ne suis pas un fumeur de joints, je n’en fais pas l’apologie non plus. Je trouve ça juste intéressant de faire basculer des gens qui n’ont rien à voir avec ça dans un milieu dont ils n’ont pas les codes et où ils vont forcément se retrouver dépassés par les évènements.« 

Igor Gotesman à Allociné

Family business a été faite avec amour

Le casting de Family Business est relativement à la hauteur. Nous ne retrouvons pas vraiment le grand défaut des productions télévisuelles françaises où les acteurs ont simplement l’air de réciter leur texte : tout semble incroyablement naturel à l’écran. L’humour est au rendez-vous, un humour résidant dans des dialogues percutants et pince-sans-rire, et bien sûr, grâce à une équipe à la hauteur.

Le casting rassemble Gérard Darmon, qui signe sa seconde participation à une série après Duel au Soleil (qu’est-ce?), Jonathan Cohen (vu dans Bref, Bloqués, Nous trois ou rien…), Julia Piaton (Qu’est ce qu’on a fait au bon Dieu ? Qui va encore avoir une énième suite par ailleurs), Liliane Rovère (pilier du cinéma français depuis les 70’s), Louise Codelfy (Five d’ailleurs mais aussi Kaboul Kitchen) et Olivier Rosemberg. La bande arrive à recréer une unité familiale réaliste, composée de dispute (surtout) mais aussi de moments de tendresse, de soutien et d’amour inconditionnel. Gérard Darmon est indubitablement un acteur talentueux, peut-être l’un des meilleurs de sa génération, tout comme Jonathan Cohen dont la carrière est en train d’exploser. Avec Julia Piaton, il forme un trio familial dans lequel nous pouvons croire. Mention honorable à Olivier Rosemberg, jusqu’alors inconnu au bataillon mais au jeu sans fausse note, qui arrive à créer avec Cohen une bromance crédible, et surtout à Louise Codelfy, qui même si son rôle de fofolle est parfois trop marqué, est crédible, ce qui est là la marque d’un grand talent. Notons enfin la présence d’Enrico Macias, une figure connue des français, présent dans la série grâce à l’assistance de son pote Darmon.

Pas parfait mais honorable

Le show souffre cependant de quelques écueils : les personnages secondaires ne sont pas vraiment crédibles (niveau jeu d’acteur comme nous le disions plus haut), notamment les antagonistes – sauf Youssef. Family Business est de même carrément trop courte : douze épisodes de trente minutes en tout et pour tout, alors qu’il y aurait eu matière à étaler les péripéties pour poser le rythme (ils l’ont bien fait dans Weeds). Cela a pour conséquences que lesdites péripéties s’enchaînent tout de même rapidement, avec l’impression que la famille Hazan elle-même n’a pas une minute de repos vu tout ce qui lui tombe sur la tête. C’est un peu too much parfois vous voyez, surtout dans la seconde saison.

En somme, Family Business est, disons-le, une des meilleurs séries françaises de ces dernières années (Ça restera Kaamelott, pour toujours et à jamais), et sans aucun doute la plus audacieuse . Au vue de la fin de la seconde saison et de l’accueil plutôt chaleureux du public, il serait étonnant que Netflix ne rempile pas pour un troisième chapitre. Gérard Darmon est déjà chaud en plus !

Tiens et puisque ça cause de drogue :

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s