Hearthstone : Folle journée à Sombrelune. Plus que jamais un pay-to-win, malgré un lore intéressant.

Alors longtemps seul sur la scène des jeux de carte en ligne, Hearthstone de Blizzard doit faire face à de la concurrence depuis quelques années. Avec Magic: The Gathering Arena d’abord en 2018 puis Legends of Runeterra en 2020 ensuite, les prétendants au trône se multiplient. Est-ce pour cela que l’extension Folle journée à Sombrelune (Madness at the Darkmoon Faire en vo) arrive en avance – trois mois depuis la précédente au lieu de quatre – ? Peut-être. Ces deux jeux grignotant du terrain lentement des parts de marché : onze millions de joueurs sont attendus en 2021 sur le seul Magic: The Gathering Arena et les cash prize des tournois sont super élevés, bien plus que ceux proposés par Blizzard.

Ces deux concurrents ne manquent pas de qualités : Magic: The Gathering Arena a littéralement inventé le genre et dispose d’une fanbase plus que solide, tandis que Legends of Runeterra peut se baser sur le lore de League of Legends, l’un des jeux les plus joués de tous les temps, ainsi que d’un système économique ultra généreux. Enfin, dans les deux opus, les joueurs peuvent interagir durant le tour de l’adversaire, ce qui permet des stratégies encore plus efficaces.

Folle journée à Sombrelune : un lore palpitant

Assez parlé de la concurrence, place à ce qui nous intéresse aujourd’hui : la nouvelle extension de Hearthstone. Bien qu’ayant passé d’innombrables (et nous soulignons le terme) heures sur ce jeu, nous en avons parlé qu’une seule fois auparavant, lors du passage à l’année du Corbeau en 2018. Les changements annoncés pour cette nouvelle extension sont pourtant si novateurs que nous nous devions d’en faire un papier. Folle journée à Sombrelune donc marque l’arrivée de la Foire de Sombrelune dans Hearthstone, celle-ci débarquant accompagnée par le retour des Dieux Très Anciens, antagonistes importants de l’univers de Warcraft, et déjà au centre de l’extension Murmures des Dieux Très Anciens en 2016. De fait, parlons un peu lore !

La Foire de Sombrelune est un événement bien connu des joueurs de World of Warcraft. La foire apparait à intervalle régulier dans le jeu et propose des activités et des marchandises impossibles à trouver ailleurs. Cette foire est potentiellement liée aux Dieux Très Anciens (des théories circulent sur le net, l’emblème en forme d’œil serait celui de C’Thun et tout ça), et ceux-ci sont très certainement un des éléments les plus intéressants du lore de Warcraft. Ces êtres sont inspirés des travaux de H.P. Lovecraft, qui créa un panthéon de dieux malfaisants, parmi lesquels le très connu Cthulhu, apparu dans la célèbre nouvelle L’Appel de Cthulhu en 1928. Cette mythologie a été reprise par de nombreux auteurs et possèdent un succès non démenti encore de nos jours.

Dans l’univers de Warcraft, les Dieux Très Anciens ont été créés par les Seigneurs du Vide, afin de corrompre les Mondes-Âmes, planètes qui deviennent des Titans au bout de plusieurs millénaires. Ces dieux parasitent ces mondes, dans le but de pervertir le titan à naitre, afin de créer un Titan Noir. C’est ainsi que quatre Dieux Très Anciens se sont retrouvés sur Azeroth, planète où se déroule l’ensemble de l’histoire de Warcraft : N’Zoth, C’thun, Yogg-Saron et Y’Shaarj. Après avoir réduit les Seigneurs Elementaires à leurs volontés, ils créèrent l’Empire Noir, instaurant sur Azeroth un règne de désespoir et de cruauté.

Hearthstone Empire Noir KultureMania
L’Empire Noir tel que vue dans World of Warcraft: Chronicle Volume 1.

Finalement, les Titans arrivèrent à leur tour sur Azeroth. A la suite d’une longue guerre, ils réussirent à tuer Y’Shaarj, dont le sang créa le Puit d’Éternité, source de magie, puis à enfermer les trois autres. Bien que prisonniers, les dieux restèrent dangereux : ils pervertirent l’esprit de Neltharion, qui devint Aile-de-Mort, la crainte d’un Titan Noir poussa Sargeras à créer la Légion Ardente, N’Zoth créa les nagas… La liste de leurs méfaits est longue. Ces créatures maléfiques plaisent aux joueurs, quoi de plus intelligent donc que de les ressortir à toutes les sauces (comme Illidan, Arthas ou les dragons) ?

Une refonte du système de jeu de Hearthstone, mais à quel prix ?

Le lore de qualité est donc là, mais qu’apporte concrètement cette extension ? Voici une liste des nouveautés :

  • Ce nouveau set ajoute 135 cartes, parmi lesquelles bien évidemment des remake des cartes représentants les Dieux Très Anciens, comme il avait été fait pour les Aspects Dragons avec L’Envol de Dragons. Chacun des Dieux possède des « cris de guerre » qui explosent tout.
  • Un nouveau mot-clé : Corrompu. Les cartes corrompues s’améliorent quand vous jouez des cartes plus chères. Utile pour prévoir vos coups à long terme.
  • Un nouveau mode de jeu : le Duel. En gros, il s’agit du même système que la Virée en Donjon mais contre d’autres joueurs.
  • Une refonte du système de progression, intégrant les hauts-faits ainsi qu’un nouveau système de quête. Vous gagnerez à présent de l’expérience, qui vous fera débloquer des récompenses au fur et à mesure de votre progression.

Tout ça c’est bien beau, mais si nous regardons dans le détail, nous voyons une fois de plus que Blizzard fait le rapiat, au contraire par exemple de Riot Games, qui nous gâte dans Legends of Runeterra (pas de loot box et des cartes à gagner tout le temps ). Déjà, le méga pack de précommande coûte 80 euros. 80 euros ! Vous vous rendez compte ?! Plus que le prix d’un jeu neuf sur console, tous les trois-quatre mois, juste pour des cartes virtuelles ! Les decks qui montent dans le ladder étant souvent les plus chers, il vous faudra passer à la caisse si vous voulez être compétitif, ou alors passer un sacré paquet de temps à jouer et encore, vous devrez vous focaliser sur une ou deux classes. En plus de ça, le nouveau système de progression possède lui aussi une partie payante si vous voulez obtenir toutes les récompenses. Ceci s’ajoute à tout ce qui est déjà payant : les aventures solos, les divers bonus ou les cosmétiques. Clairement, Hearthstone ne vaut pas de mettre des centaines d’euros, d’autant plus que l’herbe commence assurément à être plus verte ailleurs.

D’un point de vue plus global, Blizzard est une structure à qui il convient de ne plus donner d’argent. En effet, les écueils sont à présent nombreux : l’annonce du non attendu Diablo Immortal pour conquérir le marché mobile chinois, la blague le fiasco Warcraft III : Reforged, les licenciements en pagaille et fermeture de sièges sans raisons économiques, sa complaisance à l’égard de la Chine sur laquelle nous avions fait une vidéo (ce qui est plutôt rare donc c’est pour dire)…

Ça dénonce

Folle journée à Sombrelune, et les refontes qui l’accompagne, vont sans nulle doute apporter un vent de fraîcheur à Hearthstone, et surtout à Blizzard, clairement en perte de vitesse à présent. D’un côté, cette situation nous attriste car la compagnie a créé des jeux de légende dans le passé, mais de l’autre, elle mérite tout à fait ce qui lui arrive. Leur politique a changé depuis leur fusion avec Activision en 2008 (plus d’argent, moins d’art), l’exemple le plus probant à l’époque fut l’extension Cataclysm, avec un gameplay simplifié à l’extrême pour attirer de nouveaux joueurs – et donc plus d’abonnements, vous voyez le lien – mais qui a eu l’effet inverse et qui a fait fuir nombre d’anciens.

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