Dossier – The Office US : pourquoi est-ce un chef d’œuvre ?

Avant de commencer à écrire cet article, sachez qu’il est resté plus d’un an en mode brouillon, avec seulement le titre et deux pauvres lignes l’accompagnant. Ce qu’il c’est passé c’est que nous avons mis The Office en pause l’an passé, au milieu de la sixième saison, suite à une overdose, pour seulement s’y remettre en ce froid mois d’octobre 2020. Ainsi, même si nous n’avons suivi la série au fur et à mesure de ses années de diffusion originales (2005-2013), le gap a été suffisamment grand pour que nous ayons eu l’impression que The Office a eu une part importante dans nos vies. L’œuvre est de toute façon toujours d’actualité car elle reste parmi les plus regardée sur Netflix US, avec en prime des podcasts rassemblant les acteurs durant le premier confinement. Ceci étant dit, let’s talk.

« Il y a de la beauté dans les choses les plus ordinaires, n’est ce pas le but? »

The Office est en réalité une adaptation de la série éponyme britannique, qui a connu quatorze épisodes entre 2001 et 2003. Elle rassembla alors certains des acteurs anglais les plus connus du début des années 2000, parmi lesquels Ricky Gervais et Martin Freeman. Bien que l’adaptation US soit la plus célèbre, et de loin, bien plus en réalité que l’originale anglaise, notons que The Office a connu une adaptation française de six épisodes en 2006, nommée Le Bureau.

Dans The Office, nous suivons la vie quotidienne des employés d’une entreprise de papier nommée Dundler Muffin, située à Scranton, Pennsylvanie (ville de naissance de Joe Biden si tu veux tout savoir). On pourrait penser que la vie de tous les jours est un thème ennuyant pour une série (après tout, nos journées à nous simples mortels ne sont pas toutes pleines de péripéties), mais il s’agit en fait d’un thème recélant de vraies possibilités, recélant des moments dignes d’être racontés. Les scénaristes de The Office ont juste eu à souligner le trait en proposant des personnages haut-en-couleur, ce qui est la réelle force de la série : l’œuvre repose largement sur la qualité d’interprétation des acteurs. L’humour est basé sur la malaisance des scènes et des situations, héritage direct de l’orignal anglais, et sur les personnages excentriques et/ ou stupides (souvent les deux).

La série est tournée sous la forme d’un documentaire, avec l’impression d’une unique caméra, aux mouvement volontairement saccadés. Bien qu’étant considérée comme une sitcom, elle n’est pas tournée devant un public et n’a pas de rires pré-enregistrés ou live (thank God), ce qui a pour avantage de ne pas orienter le spectateur de « quand il faut rire » (au contraire de The Big Bang Theory par exemple). D’autres show à succès ont utilisé ce format documentaire, tels que Arrested Devlopement ou Parks and Recreation, un style qui permet de se sentir proche des personnages et de leurs histoires. Pour l’anecdote, Michael Schur, qui joue Mose dans The Office, est aussi l’un des scénaristes et l’un des producteurs. Il a crée par la suite The Good Place, co-crée Brooklyn Nine-Nine et Parks and Recreation, et est un des producteurs de Master of None. Beau CV avouons-le.

Bien qu’étant considérée aujourd’hui comme une réussite, The Office a connu plusieurs déboires. La première saison était trop proche en terme d’humour et de ton de son pendant britannique. Les humours américains et anglais étant bien différents, cette saison initiale a été moyennement bien accueillie par le public. Il a été décidé par la suite de rendre le ton plus léger, de faire de Michael Scott un personnage plus appréciable que son homologue joué par Ricky Gervais, et même de rendre le grain de l’image plus lumineux. Cette première saison est drôle mais possède en effet un côté sombre qui peut en rebuter plus d’un. L’autre grosse sortie de route arrivera aux alentours des dernières saison,s mais nous en parlerons dans la partie spoil.

La force de The Office : son casting

En premier lieu, bien évidemment Steve Carell en Michael Scott, le directeur de la filiale. Le visage de Carell était alors déjà connu du grand public en 2005, grâce au succès Bruce Tout-Puissant mais l’acteur en tant que tel était encore globalement un inconnu (alors qu’en fait il est large meilleur que Jim Carrey hein). sa carrière et sa notoriété ont cependant explosé au milieu des années 2000, grâce au pas si mal 40 ans, toujours puceau et surtout à l’excellent Little Miss Sunshine. The Office n’aurait probablement pas connu le même succès sans lui, tant c’est un excellent acteur : sa gestion des émotions et ses expressions faciales, son sur-jeu bien dosé, le malaise extrême qu’il arrive à imposer, tout est optimal. Le personnage a subit une grande évolution tout au long des saisons. Il est passé de personnage lourd et égocentrique (exagérément dans la première saison mais surtout dans l’idée de coller à la version UK) à un personnage ayant vraiment un bon fond, candide dont la principale faiblesse est son grand cœur (et son manque de limites). Fait étrange, Steve Carell n’a pourtant pas gagné d’Emmy Awards pour son rôle de Michael Scott, malgré de nombreuses nominations.

Rainn Wilson (Utopia US, Adventure Time) dans le rôle de Dwight est lui aussi excellent. Il passa d’un rôle comique à celui de personnage principal de la série au fur et à mesure des saisons. Sa droiture extrême, sa naïveté et son entêtement en font à la base un antagoniste mineur, souvent la cible des blagues de Jim, qui sera son ennemi pendant la majeure partie de The Office. La personnalité de Dwight évoluera favorablement pour en faire un personnage apprécié et appréciable.

Jenna Fischer et John Krasinski jouent Pam et Jim, le couple-de-la-série. Ils sont individuellement deux personnages très bien écrits, parmi les plus stables psychologiquement, et forment en tant que couple un duo convaincant. Pam est l’un des personnages les plus bons et attendrissants de The Office, tandis que Jim forme un duo hilarant et parfois touchant avec Dwight. Le seul bémol à leur relation est qu’elle met vraiment trop de temps à démarrer (c’est pas vraiment du spoil car ça se voit direct que c’est le but), les scénaristes ayant fait trainer le dénouement au moins une bonne saison de trop.

Nous ne citons que ceux-ci, et quelques autres dans la partie spoil, mais tous les personnages valent vraiment le détour. Bref, si vous n’avez pas vu The Office, nous espérons que cet article vous aura donné envie de vous y mettre. Et si non, mettez-y vous quand même, vraiment.

Spoiler : on cause de la fin !

Les critiques ont été revues à la baisse à partir de la huitième saison. La raison principale a bien sûr été le départ de Michael Scott, personnage principal et âme de The Office. « Pourquoi Steve Carell a-t-il quitté The Office ? » est une question qui revient souvent quand on parle de cette série. Les causes de ce départ n’ont jamais été clairement établies, Carell et NBC se rejetant mutuellement l’initiative. Il semblerait que Carell ait dit à la radio à l’époque qu’il quitterait probablement The Office à l’issue de la saison 2010-2011. Les producteurs l’ayant mal pris, ils ont juste pas renouvelé son contrat et Carell est parti. Autant vous le dire, son départ du show a laissé un grand vide, d’autant plus que la saison qui suivra ne montrera aucune image de Michael Scott, comme pour l’effacer des mémoires. Rancœur ? Peut-être. Au moins, son départ aura été bien réalisé et nous aura fait verser une larmichette. Steve Carell reviendra pour l’épisode final, mais son apparition ne sera guère plus qu’un cameo, ce qui est l’unique point noir de ce dernier épisode. L’équilibre entre l’obligation de faire revenir Michael Scott et le fait qu’il ne doive pas prendre toute la place a dû être difficile à trouver.

Ayant du mal à trouver un fil rouge, la huitième saison aura le plus grand mal à retenir les spectateurs. Les intrigues font du sur-place et les relations entre les personnages n’évoluent pas vraiment. À cela s’ajoute la présence de deux personnages plutôt pénibles. Premièrement Andy, joué par Ed Helms (trilogie Very Bad Trip), qui prend le poste de directeur après le départ de Michael. Appréciable avant, il devient ultra relou carrément directement. Les scénaristes ont voulu en faire un Michael Scott bis tel qu’il était durant les premières années de la série, mais l’effet est tombé à plat. Deuxièmement, le personnage de Robert California, interprète par James Spader (Stargate), excentrique (trop), qui ne durera qu’une seule saison. Il s’agit ainsi de la première saison à ne pas avoir gagné d’Emmy Awards depuis la première, c’est pour dire. Un bon point toutefois, nous verrons l’arrivée de Catherine Tate dans le casting, elle qui fut l’une des compagnonnes emblématiques du Dixième Docteur (David Tenant) dans Doctor Who.

L’ultime saison, la neuvième, saura remonter la pente. Le départ de Steve Carell aura eu finalement pour effet positif de laisser de l’air aux autre protagonistes. Michael Scott prenait en effet largement de la place, et seuls Dwight, Jim et Pam pouvaient être considérés comme des personnages à part entière. Tous les autres membres du bureau étaient pour la plupart seulement clichés et unidimensionnels pendant longtemps, juste présents pour les vannes. Les relations évolueront enfin, montrant que les collègues tiennent les uns autres, constat qui était loin d’être évident jusqu’alors. Les personnalités seront aussi retravaillées en profondeur, ce qui est une bonne chose malheureusement arrivée un peu tard. C’est cette ultime saison, et en particulier l’épisode final, qui font tout le charme de The Office. Les derniers instants font du final l’une des conclusions de série les plus réussies !

6 commentaires sur « Dossier – The Office US : pourquoi est-ce un chef d’œuvre ? »

  1. Eh bien, merci pour ce magnifique article sur The Office ! Je n’ai pas vu la série depuis des années, mais elle a toujours une petite place dans mon cœur. J’adorais vraiment la dynamique entre Michael, Dwight et même Andy. Certains personnages étaient à mourir de rire (même si la relation entre Jim et Pam m’a toujours ennuyé). Tu m’as appris pas mal de choses sur la saison 1, et sur la fin, que je n’ai jamais eu l’occasion de voir. En général, les séries ont beaucoup de mal à se remettre du départ de leur tête d’affiche. Au plaisir de te relire.

    Aimé par 1 personne

    1. Merci pour ton message ! Effectivement le départ de Steve Carell fut bien dommageable, mais la S9 a su éviter le naufrage complet 😀

      Je suis allé découvrir ton site et il est bien complet, les thèmes sont variés, c’est cool !

      Aimé par 1 personne

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